Le costume national porté dans presque toutes les classes de la société no se distingue quepar la finesse de l’habit et la qualité des bijoux.
Les n os 8, 10, 11, appartiennent à la classe des artisans. On y remarque un large ta-blier, et les femmes couvrent ordinairement l’extrémité de leur bonnet d’un mouchoir quientoure le cou, forme un nœud et retombe en arrière ; c’est une coiffure de prédilection. Letout petit enfant porté dans les bras de sa mère, est lui-même affublé non seulement d’unmouchoir, mais aussi du bonnet en pointe. Quant aux mantelets à tournure de casaquin,ils sont ou sans manches, avec une ouverture pour le passage des bras (n° 8), ou avec unemanche ne dépassant pas la longueur du vêtement (n° 11), ou enfin, comme au n° 10, sansmanches et sans ouvertures, et c’est alors une cape sous laquelle les mains se trouvent àl’abri : ce dernier mode est le plus habituel.
L’arrangement du mouchoir de tête des filles de labour est du même genre que celuides femmes d’artisans de la ville. C’est un préservatif dont l’ampleur et la tournure varient,ne laissant en général le visage que très peu à découvert. La pièce d’étoffe frangée, mon-trant sa forme rectangulaire, dont la femme n° 5 a la tête couverte, est à remarquer. Dedimension plus restreinte que les autres coiffures du genre, mais produisant les mêmes effetsavec son bandeau en mentonnière, elle représente ici, à coup sûr, le type le plus ancien, carelle seule a la coupe sobre qui convient à l’emploi des peaux. On s’en servait certainementdans ces climats, comme on en fait toujours usage en remontant vers le Nord, avant d’yavoir des cotonnades. Le n° 6 porte un mouchoir de tête remarquable par son ampleur ; c’estune grande toilette. Si la saison oblige la femme à porter le surtout du moujick, tout y estcalculé pour en souffrir, coquettement parlant, le moins possible ; d’abord le tissu de lacoiffure est apprêté de manière que sa raideur produise de l’étalage et un rayonnement enarrière qui favorise le passage de la longue tresse de cheveux, enroulée de perlines déli-cates montées sur fil de laiton, et retombant dans le dos. Le mouchoir de tête laisse à nu l’o-reille parée d’une grosse perle, et, sur le devant de la poitrine, on trouve encore une largegarniture de perlines. On ne saurait se dispenser de la chaussure forte, en cuir épais, soitpour la neige, soit pour marcher dans les terres grasses d’un pays agricole ; il faut bienaussi, puisque partout en Russie c’est l’usage populaire de porter en double et en tripleles vêtements enveloppants, selon la rigueur climatérique, consentir à se faire des jambesmassives par la superposition de bas épais ; mais loin de les dissimuler, on étage assez haut.1° le bord brodé de la chemise, 2° le bord brodé de la robe, 3° le bord du surtout.
La femme ta tare ou tartare, n° 12, offre avec celles que nous venons de voir un con-traste frappant. On remarquera que le costume se compose d’un habit de dessous et de des-sus; que ce dernier est coupé et attaché de façon que le léger croisement du haut et celui dubas laissent une ouverture pour, le passage d’une riche ceinture ; on voit encore que le long-voile d’étoffe est fendu'pour le passage de manches larges, étoffées, fermées au poignet, et que,les deux côtés du voile étant rapprochés, les mains étant l’une sur l’autre, la femme est