close entièrement, sauf le visage. Ces Tartares portent le pantalon large, leurs étoffes sontrayées, ou ornées de quelques fleurs courantes. Le voile est ici de soie, les deux robes ensont également, et les manches sont en soie brochée d’argent. Les femmes pauvres,vêtues sur le même type, s’habillent en nankin. Il ne faut voir dans cet exemple que l’unedes variétés du costume des Tartares : leurs tribus répandues fort au loin ne pouvaient con-server d’unité sous les divers climats où elles subsistent. La femme ici représentée appartientaux tribus riches qui trafiquent avec le centre de l’Asie sur la route de la Chine. Les Tartaressont mahométans et le Koran leur permet de prendre quatre femmes ; on les achète et le prixdépend delà prospérité locale. Ceux de Kasan se contentent d’une seule à la fois, remplaçantles vieilles au fur et à mesure. Ceux qui voyagent continuellement pour le commerce, en ontquelquefois une dans chaque ville où ils ont coutume de s’arrêter. Le prix d’achat varie devingt à cinq cents roubles ; le kalym se débat entre le père et le gendre avant de faire sacour. Pas jolies, mais fraîches et bien faites, ces femmes tartares sont vantées par leur douceuret leur modestie, ainsi que par leur docilité envers leur mari.
Le n° J. représente un Morclvien. Malgré son origine finnoise, ce peuple se rapproche beau-coup par son extérieur de la race russe proprement dite, dont il a adopté d’ailleurs tout lecostume. Ce sont des cultivateurs, n’aimant pas le séjour des villes et n’habitant que depetits villages.
Le n° 3, de race mongole, est un Kalmouk des steppes du Don. Les Kalmouks sont despasteurs de nombreux troupeaux de chevaux et de moutons servant à leur nourriture, et ilsmènent la vie nomade. Ils excellent dans la préparation des peaux d’agneaux, connues sous lenom de peaux d’Astrakan, et en font commerce. Ils sont venus, au XYII e siècle, de l’Asiecentrale et ont été définitivement établis au XVIII e siècle. Ce costume élémentaire, dumode russe comme le précédent, n’a pas plus besoin de description que l’autre.
{Les documents proviennent tous des travaux exécutés par les soins du gouvernement impérial
de Russie. Les originaux des n os 1 , 2, 3, 4, 5, 6, sont des photographies coloriées qui ont
figuré à T Exposition ethnographique de la Société de Géographie, faite à Paris en 1875.)