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Tome VI.
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la Russie occidentale, le grand-duché de Poscn, la Poméranie, la Silésie et la Galicic; 2° lesTchèques (en Autriche et en Prusse); 3° les Serbo-Loujitches ou Serbes de la Lusace, débrisdes Slaves-Polabes (c’est-à-dire fixés sur les bords de l’Elbe), qui habitent un coin de la Saxeet du Brandebourg ( 140,000 environ), et qui ont résisté à tous les assauts de la germanisation ;4° les Slovaques (2 millions environ), anciens Slaves Pannoniens (Hongrie occidentale).

Les Slaves méridionaux comprennent : 1° les Bulgares (peuple de race turque qui se fondit avecles Slaves dont il avait occupé le territoire et dont il adopta la langue), habitant la Bulgarieactuelle, la Roumanie, l’Autriche et le midi de la Russie ; 2° les Serbes et les Croates , qui ne for-maient en réalité qu’une seule nation partagée en deux éléments par la différence de religion etd’alphabet; les premiers habitent la Serbie, la Bosnie, l’Herzégovine, la Tsema-Gora ouMonténégro, la Dalmatie, une partie de l’Istrie, de la Slavonie, des Confins militaires et quel-ques districts en Hongrie ; les seconds occupent les principaux centres de la Croatie propre-ment dite, le littoral, les îles, une partie des Confins militaires, et ont des colonies en Hongriejusqu’à Presbourg; 3° les Slovènes (1,300,000), fixés dans une partie de la Styrie, dans la Ca-rinthie, la Carniole, l’Istrie, et dans la Vénétie (Italie).

Du deuxième au dixième siècle de notre ère le costume des Slaves devait être à peu près uni-forme, et d’une grande simplicité, sur toute l’étendue du territoire occupé par cette race. Laraison en est non seulement dans l’unité de souche et la conformité du climat tempéré de l’Eu-rope centrale, mais surtout dans l’organisation sociale de ces peuples d’agriculteurs qui segouvernaient selon les règles de la plus parfaite démocratie, qui ne prenaient les armes quepour repousser l’agression et qui, n’ayant point alors de chevalerie, n’avaient pas de classesprivilégiées. Pour cette période nous n’avons pas d’autres documents que les figures des Dacesou des Thraces de la colonne Trajane, et deux sculptures antérieures au dixième siècle(musées de Cracovie et de Berlin), représentant le dieu Sviatovid (qui voit l’univers). Ellespermettent de constater que les parties essentielles du costume consistaient pour les hommesen un pantalon plus ou moins large, en une robe longue, descendant au-dessous des genoux etserrée par une ceinture ; en un bonnet conique soit tronqué, soit à sommet pointu ; en chaus-sures faites d’un morceau de cuir attaché aux jambes au moyen de lanières; enfin en unmanteau de grosse laine, sans manches, agrafé généralement sur l’épaule droite et couvrantainsi le côté gauche. Par-dessus la robe les guerriers mettaient une armure d’écailles ou decuir,sans manches et descendant jusqu’au bas-ventre.

Le costume féminin consistait en une robe double ; celle de dessous était longue et celle dedessus n’arrivait que jusqu’à la hauteur du genou et était munie de manches courtes, attei-gnant à la moitié de l’humérus. Ce dernier vêtement fut emprunté aux femmes slaves par lesRomaines de l’antiquité, et désigné sous le nom d 'amicula barbarica. Or, un par dessus sem-blable, mais à manches longues, a été depuis en usage en Pologne, et est encore porté pardes paysannes de certaines provinces, sous son nom antique d 'amie (przyiaciolka ). Un fichuservait de coiffure.