Tandis que dans toutes les autres parties de l’Europe les envahisseurs ouralo-altaïquesn’ont fait que passer ou se sont perdus au milieu des populations d’alentour, les Magyars sesont solidement établis dans la plaine et les régions montueuses des Carpathes ; ils ont pu, aprèsbien des luttes avec les races hostiles qui les environnaient, constituer une nationalité ayantsa langue, sa littérature, et un passé belliqueux qui se reflète encore dans l’allure, le geste etle regard de leurs descendants.
Les Magyars, que l’on se représente surtout comme un peuple de cavaliers, sont devenus,pendant le cours de notre siècle, un peuple de bergers ; les plus grands troupeaux se trouventdans les contrées où les habitants de cette race sont le moins mélangés.
En dehors de la région centrale de la Hongrie, on rencontre encore beaucoup de Magyars àl’ouest parmi les Allemands, au nord parmi les Slovaques et les Ruthènes, et au sud avec lesSerbes; l’angle extrême du territoire hongrois, la Transylvanie, est habité par d’autresMagyars, les « Szekely », peuple qui sert d’avant-garde à la nationalité hongroise du côté del’Orient.
N» 14.
Costume national du magnat.
Kucsma, coiffure de martre et de velours noir sur la-quelle une agrafe artistement travaillée retient uneplume d’aigle. Cravate de soie noire frangée. Attila,sorte de redingote, et mente , manteau, de veloursnoir, tous deux ornés de boutons en turquoises et debrandebourgs de soie. Une fourrure de martre garnitles bords, le collet et les manches pendantes de lamente. Ce vêtement est retenu sur les épaules parune chaîne aux riches agrafes et c’est à une cein-ture de même richesse qu’est suspendu le sabre re-courbé, au fourreau et à la poignée garnis de tur-quoises (voir la planche ayant pour signe le Tire-bouchon, joaillerie de la parure masculine en Hon-grie). Culotte collante. Bottes de cuir garnies degalons de soie aux bords supérieurs.
L’attila et la mente sont parfois d’étoffes diffé-rentes ; le premier vêtement peut être en drap et lesecond en velours. On choisit aussi, pour les garnir,tantôt de la martre, tantôt de l’astrakan ou d’autresfourrures de prix. Quant à la coupe, elle varie peu.
Au seizième siècle, le Hongrois portait alors jour-nellement ce costume qu’il ne revêt plus que dans lesjours de gala.
No 15.
Dame noble -, costume de gala.
Kucsma ornée d’une broche de perles et d’émeraudes
surmontée d’une plume de héron. Pendants d’oreil-les et lourd collier de perles. Corsage de veloursrouge brodé d’or, à lacets garnis de pierres fines.
Ceinture d’orfèvrerie, enrichie de perles et d’éme-raudes. Robe traînante de gros satin blanc. Petit ta-blier de dentelle. Sur les épaules, et retenue par unechaîne d’orfèvrerie, se trouve la mante brodée d’oret garnie de martre ; l’étoffe de cette mente est ausside velours rouge. Eventail de plumes.
Dans les cérémonies, les grandes dames hongroi-ses n’ont pas la mente, et portent, à la place dukucsma, un diadème garni de pierreries, et un grandvoile de dentelle. L’impératrice d’Autriche, dans cer-taines occasions, est vêtue de ce costume.
N° 10.
Magyar de Kaposvar.
Costume de fête.
Chapeau de feutre orné de rubans et de fleurs natu-relles. Parfois, il arrive à l’adolescent Magyar de parerson chapeau de plumes de héron ou de cuscute, or-nements qui, chez la plupart des nations européen-nes, caractérisent encore la coiffure des hussards.Les plis bouillonnés de la chemise apparaissententre la veste brodée et la culotte bleuâtre souta-chée de trèfles entrelacés. La partie de devant de cetteculotte se rabat et est garnie d’une doublure d’étoffebrodée, en même temps que d’un mouchoir de den-telle qu’il est d’usage, le dimanche de placer en cet