endroit ; ces jolivetés sont mises en relief par l’atti-tude de ce jeune Magyar, qui, pour les faire valoir,s’en sert comme de contenance. Sur les épaules, etretenu par une torsade de soie, est jeté le dolman àmanches pendantes et de même étoffe que la culotte.Bottes hongroises garnies de glands multicolores etmunies d’énormes éperons « à la sarmate ». Presquetoujours, le Magyar chausse des bottes à éperons ;les domestiques des grandes maisons n’en portentqu’un seul, à la botte gauche.
C’est dans cet élégant costume de fête qu’il fautvoir danser le paysan de la puzta (plaine), alorsque la czardas fait tourbillonner les couples, ce Ledanseur hongrois est un artiste ; ses mouvements nesont pas réglés d’avance ; il sait en improviser quirépondent à l’élan de ses sentiments et de sa joie,mais, dans sa fougue, il garde toujours une grâcevirile. En poursuivant sa danseuse qui fuit, se dérobe,puis se rapproche, il aime à faire retentir ses épe-rons, il frappe ses bottes en cadence en s’exaltantpar des cris de joie, fait voltiger ses franges, tourneet bondit, sans fatigue apparente, dans l’extase dumouvement et du bruit. »
N<> 11.
Femme du Banat.
Toque brodée, garnie de fourrure, d’où les cheveux s’é-chappent et retombent sur une veste plastronnéed’arabesques sur 'fond clair. Cette veste, qui n’ad’ouvertures que pour le passage de la tête et desbras, laisse voir les larges manches de la chemise.Robe de velours noir. Bottes de cuir.
N« 12.
Jeune fille du comitat (district libre) de Neutraer.
Petit bonnet encadré de dentelle et orné d’un rubannoué sur le côté. Collier de corail à plusieurs rangs.
Chemise aux manches bouffantes garnies de brode-ries multicolores. L’ouverture du corsage est décoréede fleurs naturelles.
N° 1S.
Jeune fille du comitat de Békéser.
Les cheveux, disposés en bandeaux, se terminent enlongues tresses ornées de rubans. Collier de corail.Chemise à l’encolure très montante, aux manchescourtes et bouffantes montrant les bras nus. Corsageaux broderies relevées par l’éclat des fleurs naturel-les symétriquement disposées. Jupe de soie à fleurs.Tablier de dentelle garni, par devant, de larges ru-bans brodés. Cette jeune fille tient à la main unmouchoir d’étoffe dont les riches broderies s’harmo-nisent avec celles des rubans du tablier.
No - 16 .
Gorale (montagnard) du Tatra.
Chapeau à larges bords, couvrant des cheveux fortementimprégnés de graisse et d’huile. Petite chemise detoile très grossière généralement garnie, aux ourlets,d’une étroite broderie rouge; elle est fermée, sur lapoitrine, au moyen d’une agrafe de cuivre ou d’étain.Pass 3 ceinture de cuir à larges boucles ; on y suspendl’indispensable couteau, ainsi que la pipe et le bri-quet. Pantalon de feutre blanc à liserés rouges. G unia 3manteau de poils de chèvre jeté sur les épaules; cemanteau est en même temps une couverture de nuitpour le Gorale qui ne connaît pas le lit : l’été, il cou-che en plein air, et l’hiver, dans sa cabane, allongésur un banc placé près de l’âtre. Les pieds sontentourés de chiffons et chaussés de sJcirpze, sandalesde peau de chèvre ou de mouton garnies de lanières.Hache servant d’arme et de canne tout à la fois; lesincrustations de métal dont est décoré le longmanche sont l’orgueil du Gorale.
LES SAXONS.
Bien que les Roumains peuplent le pays presque tout entier, le territoire de la Transyl-vanie est officiellement divisé entre les Magyars, parmi lesquels sont compris les Szekely, et lesSaxons. Ces derniers, Allemands d’origine rhénane et connus à tort sous le nom de Saxons,ont pu, grâce à leur civilisation supérieure, se maintenir jusqu’à nos jours en corps de nationdistinct, mais plusieurs de leurs colonies éparses sont déjà « magyarisées » ou « roumanisées ».