rixes, qui toutefois sont moins meurtrières qu’on pourrait le supposer, les Hutsules étant trèsadroits au maniement de cette arme, et sachant frapper du plat de la hachette de manière àne jamais blesser gravement leur adversaire.
Lorsque le Hutsule va à la noce, surtout quand il y va à cheval, il met un manteau blancsans manches attaché sur la poitrine avec des boucles en laiton.
Le costume de tous les jours diffère de celui de fête par l’emploi de la houppelande endrap noir au lieu de drap rouge. Le pantalon des jours ouvrables est en drap noir ou enlaine blanche de poil de chèvre.
Chez les vieux Hutsules, hommes et femmes fumaient la pipe avec la même passion. C’estaujourd’hui la cigarette qui la remplace. Les femmes Hutsules ont aussi leur costume pour lesfêtes, une houppelande ponceau, une camisole en peau de mouton et sans manches, plus riche-ment brodée en couleurs voyantes que celles des hommes. Celles qui sont riches portent, aulieu de la camisole ouverte, la houppelande doublée de peau de mouton (voir n° 7 ). Si cettehouppelande est en étoffe noire, on la borde de mouton blanc, si elle est ponceau, la bordureest en mouton noir.
Les femmes ne se servent de jupons que dans les grandes occasions, et les portent toujoursbleus. Pour les jours ordinaires elles mettent en place de jupons, deux bandes d’étoffe, ou uneseule fort longue, attachées à la taille et descendant jusqu’au-dessus de la cheville (voir n° 1),de manière à n’en être pas gênées pour monter à cheval. Cette sorte de jupon tendu, fabriquéà la maison, est fait de laine de mouton ; il est de couleur brune ou noire avec une largebordure rouge. Par-dessus ce vêtement on met parfois un tablier rouge, bordé de filets defaux or en bandes d’un doigt de largeur. Le jupon et le tablier, ordinairement très jolis, coû-tent très cher.
Les femmes hutsules portent des chemises blanches peu longues et dont les manches sontrichement brodées en fils de couleurs. Dans ces broderies, les fds de laine ou de coton sont sur-tout de couleur rouge, noire et verte, le bleu y est beaucoup moins fréquent.
Les broderies, que les femmes ruthènes confectionnent elles-mêmes sur des données toutestraditionnelles, sont d’un caractère et d’un goût qui ont été fort remarqués depuis quelquesannées. Leur facture les rattache à l’industrie des tapis manufacturés en Asie, en Perse parti-culièrement, et, selon la coutume des peuples orientaux qui n’emploient pas seulement lesfleurs pour composer les motifs de décoration des tapis et des tentures, mais qui se serventaussi de combinaisons géométriques, offrant l’aspect de mosaïques de diverses couleurs, quicouvrent parfois la surface entière des tissus. Dans les broderies, dont nous avons formé lapl. G Z., si nécessaire pour compléter nos figures d’ensemble, on retrouve tout ce qui carac-térise les ornements des tapis orientaux : des motifs composés de fleurs, dont on dessine seule-ment la silhouette, et dont la forme, disposée régulièrement, dépend du matériel employé. Par-fois le décor consiste en arabesques fantastiques dont la source reste indécise, mais ce genreélastique se rencontre également dans les tapis de l’Orient. Cette analogie entre les produc-