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Tome VI.
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tions ruthéniennes et le genre des dessins qui décoraient les tapis de Perse, du type primitif,exposés à Vienne en 1873, et que les Slaves de la Galicie, ceux qui ont formé le Musée indus-triel de Léopol ou Lemberg, ont fait ressortir avec un juste sentiment de la valeur de leurgoût national, rend tout à fait intéressants les spécimens que nous avons rassemblés en les re-cueillant dans l’Exposition autrichienne de 1878, à Paris.

La femme hutsule serre sa chemise à la taille avec une courroie ou une ceinture ponceauà boucles de laiton. Les filles portent au cou et sur la poitrine des perles en verre (passade),des croix, ou bien des colliers avec des chaînettes auxquelles se trouvent attachées beaucoupde petites croix, et souvent des pièces de monnaie d’argent, des médailles d’argent, de cuivrejaune et môme d’étain. Elles portent des boucles d’oreille et, les jours de fête, des bandeauxde cuivre jaune appliqués sur le front. Le collier consiste parfois en une bande étroite de rubanrouge en laine, sur laquelle sont disposés des dessins formés par des perles de verre de cou-leurs enfilées sur du crin de cheval. Le bandeau en cuivre attaché sur le front est égalementappliqué sur un ruban de laine avec de la laine rouge effilochée.

Les bagues constituent un important et indispensable ornement. Les filles tressent leurscheveux en nattes ornées, les jours de fête, de petits boutons de cuivre jaune ou de petitescoquilles blanches. La manière de se coiffer est très variée. La Hutsule fait d’ordinaire deuxtresses contournant la tête et retombant derrière engrosse natte, En carême, elle n’y met pointd’ornements. Les jours de semaine, elle y ajoute des boutons, une laine un peu foncée, déjàportée ; aux fêtes, la quantité des ornements augmente, selon qu’il s’agit du jour de Pâques,d’une cérémonie nuptiale. En deuil, la Hutsule porte les cheveux épars, noués seulement der-rière la tête. Enfin, en hiver, la coiffure est plus modeste qu’en été ; un mouchoir enveloppela tête.

Pour sortir, pour aller à l’église, les femmes mariées mettent sur leur tête une sorte dechâle en toile blanche, ouvrage de leur main ; les bouts de ce châle qui retombent sur ledos sont brodés de dessins très variés et de couleurs voyantes, dont on vient de voir lescaractères par nos spécimens ; ce châle complète l’harmonieux effet du costume entier.

La femme hutsule n’a pas en main la hachette, mais une sorte de canne garnie en hautde cuivre jaune. Les femmes pauvres n’ont qu’un simple bâton.

La botte montante, en chevreau de couleur rouge, est la chaussure des jours de fête ; àl’ordinaire, ce sont des sandales et toujours des bas rouges ou de couleur voyante. « LosHouzoules, dit M. E. Reclus (nous avons conservé le nom hutsule, parce que c’est celui quenous trouvons employé par les Polonais de Lemberg), sont les plus forts, les plus gais et lesplus heureux des Ruthènes. »