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Tome VI.
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LES CROATES.

De tous les Yougo-Slaves (Slaves du sud) de l’Austro-Hongrie, les plus purs de race sont,avec les Slavons, les Croates des campagnes. Ils sont grands, forts, mais leur courage les asouvent entraînés dans toutes les férocités de la guerre ; le nom de « pandours », qui étaitcelui d’un de leurs corps armés, a souvent répandu l’effroi, même jusqu’en Occident.

Dans la Croatie proprement dite, les éléments étrangers ne sont pas nombreux. Serbes-Croates, Croates purs, puis Croates-Slovènes et Slovènes se touchent et s’entremêlent de pro-che en proche jusqu’aux régions allemandes d’outre-Drave et à la zone ethnologique italiennedes bords de l’Isonzo.

N° 4.

Montagnard croate des environs d’Agram.

Costume de fête.

Chapeau de feutre noir à bords étroits, et garni defranges jaunes au milieu desquelles est placée l’imagecoloriée du saint patron. Chemise courte à col rabattuet cousue à petits plis autour de la taille de façon à ceque la partie supérieure forme jupe; cette chemisese porte par-dessus le pantalon. Y este de drap brodée defil blanc ; dans l’une des boutonnières est passé lebouquet de la fiancée. Gatyen ) pantalon de grossetoile enfoncé dans les bottes. Sac de cuir garni defranges de laine rouge.

Pour sa lointaine excursion, ce Croate s’est munide provisions de bouche consistant en un cochon delait embroché dans la perche qu’il tient à la main.

N° 8.

Jeune fille croate de Sissek.

En Croatie, où les jolis visages abondent, quelques

femmes ont seulement un foulard noué sur la tête;d’autres portent une espèce de serviette blanche bro-dée de rouge ou de bleu, qu’elles disposent à peu prèscomme les paysannes italiennes de la Campanie etdes Abruzzes. La coiffure consiste ici en un bonnetdont les broderies s’avancent sur le front ; une épaissecouronne de fleurs le surmonte. Dans les autres vête-ments, le rouge et le blanc dominent : longue che-mise blanche ornée de dessins brodés couverte par ungracieux corsage composé de morceaux de veloursde plusieurs couleurs. Collier de verroterie rouge auxrangs innombrables ; parfois au milieu de ces gros sesperles vermeilles étincellent quelques pièces d’or oud’argent. Deux tabliers ; l’un, celui de devant, commele tablier valaque, est formé de longues frangesfixées à une ceinture brodée, et l’autre, fixé derrièrele corsage consiste en une épaisse pièce d’étoffe.Chaussures de cuir à lanières se croisant sur lajambe. Tous les vêtements de femmes sont l’œuvrede leur propre industrie.

Les ri s 4, 5, 6, 9,14, 15 et 16 sont des dessins originaux pour lesquels les renseignements ontété fournis par les estimables « Blatter für Kostümkunde» de M. Von Heyden, Berlin, 1881.

Les n as 1 , 2, 3, 7, 8, 10,11,12 et 13 ont été dessinés sur les charmantes photographies coloriéesdit Osterreichisch-ungarische national-Trachten, 'publié à Vienne par la maison R. Lechner.Cel excellent recueil est comme un idéal du genre, et en fait de costumes nationaux, on peut direque jusqu’à présent, il rien est point qui égalent la, valeur de ceux-ci.

Voir, pour le texte : Blatter für Kostümkunde. — M. G. Perrot : Souvenirs d’un voyage chezles Slaves du sud (Tour du monde, 1870-71). — M. Êlisèe Reclus: Géographie universelleet la belle publication faite par le Musée industriel de Lèopol, 1880-1882, sur les Ornementsde l’industrie domestique des paysans ruthéniens, lapis, broderies et métaux.