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Tome VI.
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LUS valaques.

Les Valaques et les Moldaves, ne formant qu’un seul peuple, les Roumains, — sont devenusla race prépondérante sur le bas Danube et dans les Alpes transylvaines ; ils débordent mêmedans les pays environnants.

Le moindre paysan valaque se croit descendu des patriciens de Rome et se refuse à consi-dérer les Gèfces et les Daces comme ses ancêtres ; par sa grâce et sa souplesse, il se distingue eneffet des hommes du nord et se rapproche plutôt des peuples méridionaux.

Les femmes sont la grâce même, soit qu’elles observent les anciennes modes nationales,soit qu’elles aient adopté la toilette moderne. « A ces avantages extérieurs, » dit M. EliséeReclus, « la Roumaine ajoute une intelligence rapide, une gaieté communicative qui en fontla Parisienne de l’Orient. »

Les femmes valaques sont aussi des agents irrésistibles des progrès des Roumains sur lesbords du Danube pour l’assimilation des races voisines. Comme le dit un proverbe de la Ser-bie : « Dès qu’une Valaque est entrée, toute la maison est valaque. » Les jeunes Slaves dereligion grecque les demandent fréquemment en mariage de préférence à leurs compatriotes,d’autant plus qu’il leur suffit alors d’une somme moins forte pour acheter leurs fiancées.

En Hongrie, il est encore certains comitats où le marché du mariage se fait publiquement,avec la naïveté des anciens jours. A Topanfalva, dans le haut bassin de l’Aranyos, les jeu-nes-gens accourent de plusieurs lieues à la « foire aux filles » qui se tient en juillet, le jourconsacré aux patrons saint Pierre et saint Paul. Elles sont là par centaines, en compagniede leurs parents et de leurs amis, couvertes de leurs atours, assises sur leurs coffres de vête-ments, ayant même tout auprès le bétail qui leur est accordé en dot. Le notaire, campé sousun arbre, attend le moment de rédiger des contrats. On a compté jusqu’à cent quarante fian-çailles dans une seule foire.

K» fi .

Jeune fille valaque d’Orsova : Hongrie.

Les cheveux, entremêlés de fleurs et de rubans, ont unbandeau noué sur le côté de la tête. Pendants d’oreil-les. Collier de grosses perles; en Roumanie, lesfemmes riches portent 'trois rangées de pièces demonnaie en or, tandis que celles d’une position infé.rieure n’en ont qu’une seule composée de pièces d’ar-gent. Le collier d’une rangée a une valeur de quatreà cinq cents marks, et celui de trois rangées de milleà douze cents. Camasia, longue chemise de lin blanc

descendant jusqu’à la cheville, et munie de largesmanches ; c’est la pièce piincipale du costume. L’en-colure, le plastron, le hord des manches et le bordinférieur de la camasia sont plus ou moins richementbrodés; les dames roumaines introduisent parfoisdans ces broderies des pièces de monnaie d’or et d’ar-gent. Cingatoria, ceinture de laine tricolore à laquelletient le catrintia, tablier aux longues franges multi-colores, aussi nommé, selon les contrées, fota ou zade.En hiver, la femme valaque porte une camisole enpeau d’agneau, sans manches, ressemblant beaucoupau peptar in des hommes. Cisme ou ciobote, chaussuresde cuir.