dire, il est fabriqué nombre d’imitations avec des éléments de peu de valeur. C’est une coloniede paysans saxons, fixée en Transylvanie, qui possède depuis longtemps le monopole de cettefabrication. De là, l’émail employé a reçu le nom d’émail de Transylvanie.
Ce faste dans le costume civil provient des allures guerrières que les Hongrois ont toujoursaffectionnées. Les Madgyars, venus de l’Oural, qui conquirent la Hongrie au X e siècle,qui, encore aujourd’hui, ainsi qu’en Transylvanie, y forment la race prépondérante, et quieurent à lutter tour à tour, pendant des siècles, contre les Yalaques, les Russes, les Polonais,les Bohémiens, contre le Turc comme contre le Croate, ont conservé un peu de l’apparatguerrier même dans les courts loisirs dont ils jouissaient. Ce faste, d’ailleurs, se trouvaitfacilité par les richesses du pays même, dont les mines d’or, de cristal de roche, émeraudes,topazes, hyacinthes, grenats, améthystes, opales (pour ne parler que de celles qui touchentà notre sujet) sont encore abondantes comme par le passé.
Yecellio, en parlant du Croate, Hongrois, presque Polonais, et en décrivant le costume véri-table du Hongrois, montre qu’au XVI 0 siècle le Hongrois portait alors d’habitude le costumequ’il ne revêt plus que dans les'jours de gala. « Tous font usage, dit-il, de ganses aboutons« d’or ou de verre. Ils marchent rarement sans un sabre large de trois doigts. »
Les n oa 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26 sont des ouvrages enfiligrane d’argent, de 1660-1740, réduits au quart environ de leur grandeur originalé. On ytrouve des croix de suspension, un médaillon contenant une vierge peinte, des boutons, desbouquets, des palmettes d’acanthe. Ce sont tous des bijoux féminins propres à être portésdans la coiffure, au cou, à la ceinture, et dont on agrémentait parfois aussi les rubans,les manches. Les orfèvres vénitiens s’étaient fait connaître dès le XII 6 siècle par ladélicatesse de ces sortes d’ouvrages ; leur réputation s’étendait bien au delà des frontièresde l’Italie et on appela longtemps les filigranes ouvrages de Venise. Au XVII e et surtoutau XVIII 0 siècle la mode en était tellement perdue en France que Y Encyclopédie constatequ’il s’y trouvait fort peu d’ouvriers en état de les bien faire.
Les filigranes sont des fils métalliques ronds, extrêmement délicats, entrelacés les unsdans les autres, représentant divers ornements, et quelquefois revêtus de petits grainsronds ou aplatis; le mot est composé de filum et de granum, fil et grain. Les Latinsappellent le filigrane filatim elaboratum opus, aurum, argentum. Il y avait des ouvragesseulement revêtus de filigrane, et d’autres, comme nos bijoux, qui en étaient faits entière-ment. Les Maltais, les Arméniens et d’autres ouvriers orientaux ont montré beaucoupd’habileté dans ces sortes d’ouvrages. Il est probable que la commerçante Venise leur dutune grande partie de ceux auxquels on donnait son nom.
{Les bijoux en filigrane proviennent de Munich. Les deux garnitures ont figuré à l’expositionhongroise faite à Buda-Pesth, en 1876, dans le palais du comte Aloïs Karolyi. Docu-ments photographiques. )