tume est celui d’un bourgeois arnaute : le fez; chemise de soie cuite, dite bo urundjuk ; giletcroisé; chalvar d’étoffe lustrée, à mille plis; ceinture en laine; bas soigneusement tirés; pourchaussure, le yéméni; son pardessus à manches est le djubbè.
Les chrétiennes représentées sous les n 09 2 et 8 portent le caleçon ample, comme les mu-sulmanes ; il n’y a que les Bulgares qui ne l’aient pas adopté. Ces deux exemples représententla même dame en costume d’intérieur et en tenue de ville. La coiffure d’intérieur qui, deface, a l’apparence d’un mortier, est une simple serviette de coton, brodée de soie et d’or,entourée d’un épais galon. Boucles d’oreilles en filigrane d’argent; collier de même, aboutis-sant à une croix renfermant des reliques; chemise en bourundjuk, retenue sur la poitrine pardes boutons et des épingles d’argent; large ceinture d’orfèvrerie posée sur une autre de gaze,fixant à la taille le chalvar en étoffe mince et lustrée, à plis cassants, miroitants; paboudjlargement échancrés, relevés au bout; manches de la chemise en jabots plissés couvrant lamoitié de la main-, long djubbé sans manches, tombant carrément, garni de boutons serrésen forme de grelots. Pour aller en ville, on ajoute le manteau de drap à manches flot-tantes (voir n° 2), avec revers et capuchon, et le voile de mousseline, rarement fermé, plussouvent noué sous le menton.
Les n os 6 et 9 représentent une dame musulmane de Skodra, en costume d’intérieur et entenue de ville. La coiffure est une espèce de casque en étoffe tissée d’or, surmonté d’une ai-grette d’orfèvrerie vissée sur une épaisse plaque d’argent finement travaillée; le front estbordé d’une triple rangée de sequins suspendus à des chaînettes tenant au casque; les pluslongues de ces chaînettes relient la coiffure à un poitrinal formé par les rangs multipliésde monnaies d’or et d’argent ; la chemise en bourundjuk, couvrant seule les seins, est trans-parente; l’en tari de soie brochée est tailladé aux manches; le djubbé, sans manches, descendà mi-jambes; entari et djubbé laissent la poitrine à découvert ; c’est dans une boutonnièrede ce dernier vêtement que l’on passe, pour la montre, le mouchoir de linon, brodé auxquatre coins de fleurons d’or; il en est de même pour la serviette de coton pelucheux, à sex-tuple étages de broderies en soie de couleur entremêlées de paillettes, que l’on porte à laceinture; cette dernière est un épais tissu de fils d’or et de soie, frangé de tresses termi-nées en houppe; bas blancs; paboudj en velours, ornements en feuillages d’or et fleurettes enperles fines. Pour sortir, on dévisse l’aigrette du casque, le tèpèlik, afin de jeter sur sa têtele fèradj'e, le manteau, dont on s’affuble comme d’une vaste cape; on le ramène avec soinsur le visage à la rencontre d’un passant d’un autre sexe.
(Le dessin des personnages est emprunté aux photographies des Costumes populaires de laTurquie, ouvrage publié à Constantinople par P. Sebah, sous le patronage de la Commis-sion impériale de l’Exposition de 1873, à Vienne; et les détails du costume, ainsi que lacoloration, sont d’après les modèles en nature exposés par l’Union centrale des beaux-artsappliqués à l’industrie, musée du Costume, 1874.)