Le berger de Malissor, n° 4, est vêtu en peau d’agneaux à peine nés ; des passementerieset broderies de soie noire dissimulent toutes les coutures. Un chalvar (caleçon), un entari( veste ) presque collants ; une large et épaisse ceinture de laine ; des bas de laine ; destcharyk, la chaussure que le paysan fabrique, en général, lui-même; et enfin le fez droitavec le puckul de soie, composent ce costume de pasteur. Il a à la ceinture un petit sac enforme de cartouchière et les deux duduk (flûtes) qui lui servent à charmer ses loisirs.
Enfin, le n° 5, une chrétienne de Matefré, complète la série des costumes de nos paysansbulgares. Celle-ci porte une coiffure ornée de monnaies et de plaques de métal avec un cou-vre-nuque pouvant être ramené par devant; sa chemise de laine est décorée de broderiesen bordures d’un beau caractère; le court tablier, très typique, est en tapisserie; sesj mboudjont des houppes en rosette; elle a des boucles d’oreilles. Ces deux femmes, n os 7 et 5, neportent ni l’une ni l’autre le large caleçon, le chalvar. Les Bulgares, en général, n’en fontpas usage, et, pour la plupart, ne mettent même pas de bas. D’habitude, les femmes descultivateurs, vêtues seulement d’une chemise et du tablier, chaussent leurs pieds nus, poursortir de la maison, simplement de la pantoufle en cuir rouge ou noir, ou d’une chaussureeii feutre, si le terrain le permet. Le Bulgare laboureur, jardinier, habillé de peau de mou-ton, ôte d’ordinaire sa veste pour travailler, ne gardant que son pantalon. Son manteau nelui sert guère que lorsqu’il va à la ville. (La planche Turquie d’Europe, au signe de laCoupe, offre, sous les n 0B 6, 8, 4, 3, 7 et 9, des exemples de costumes bulgares.)
Ainsi qu’on peut le voir, c’est en usant d’une ordonnance régulière, d’un dessin à réparti-tions claires, souvent en bandes, et en employant presque toujours les tons dans leur fran-chise, que les Slaves du sud, ornant à peu près toutes les pièces de leur vêtement, obtiennentleur décor. Les vêtements de ceux qui suivent le mode plus méridional sont d’une autrenature : les étoffes sont unies, ou, lorsqu’elles sont ornées, ce qui est très fréquent chez lesfemmes, on n’emploie guère pour les grandes pièces de l’habit que des broderies d’un tonunique, dont le dessin abondant, savamment compliqué, offre une combinaison d’arabesquesformant réseau. Cette décoration couvre en général le vêtement tout entier, mais parfois seule-ment une partie (voir n° 2) ; des fleurs brochées, peintes, tissées ou imprimées, de goût persan,se voient sur les chalvars, les mouchoirs, les serviettes, les écharpes portées par les femmes ;mais le genre est si facilement reconnaissable qu’il est inutile d’insister.
Le Hodja, n° 1, a un costume ample, large, confortable, de drap solide. Sa coiffure estun fez à gros gland, entouré du sarylc blanc; un mintan de coton imprimé lui couvre lapoitrine; le gilet sans manches est garni de gros boutons coupés à facettes, en passemen-terie; ceinture de châle; chalvar de drap; le dolama sans manches, tombant jusqu’aux pieds,est recouvert par le binich; enfin, la chaussure mest et les paboudj en maroquin complètentce costume. Les manches du mintan laissent passer, en forme de manchettes, l’extrémitéd’une chemise de lin fin, dentelée sur les bords.
Le prêtre chrétien, n° 3, n’a pas même le kaîpak traditionnel de la profession. Son cos-