sur la ville assiégée, et va, infailliblemen t, parcourir tonte l’Europe. Là-dessus, à Rome, remue-ménage extraordinaire, dont le principal auteur est Meo Patacca, le héros trastévérin. Ilparle et agit avec une puissance d’entraînement irrésistible, fait des enrôlements, exerce sescompagnons, endosse enfin l’habit pompeux du commandement, et se trouve tout prêt àpartir pour la victoire, lorsqu’arrive la nouvelle de la délivrance de Tienne par Sobieski :nouvelle qu’il a du moins l’honneur de recevoir le premier et de propager avec le même feuinextinguible qui l’anime tout le temps. Le poème se termine par- l’heureux hyménée de Pa-tacca et de Nuccia, une de ces belles Trastévérines à l’œil fier, à l’attitude dédaigneuse, pourlesquelles l’homme aimé doit être un sujet d’orgueil.
Dans ses Tableaux de la ville éternelle (1835), M. Joseph Regnier s’exprime ainsi : « Seulsles hommes du peuple ont gardé la carmagnole de velours, la ceinture ou fascia barriolée, lehaut-de-chausses pareil à la veste, les boucles larges aux genoux, incommensurables sur lesoulier. D’aucuns retiennent leur épaisse chevelure dans le réseau de soie noué sur une oreille,et campent sur l’autre un chapeau pointu, relevé d’un bord ; sur leurs épaules débraillées s’étaleune manière de cravate rouge ; la petite veste se porte alors au vent comme un dolman dehousard, et le gilet blanc ou rouge, à la napolitaine, se croise à l’aide de petites chaînes termi-nées par une boucle d’argent ciselé. On déboutonne la genouillère pour laisser voir un caleçonrouge qui serre le genou avec une rosette flottante, et tout cela forme un négligé galant. »
Nous joignons à la scène principale une suite de coiffures d’hommes et de femmes, toutestirées de la même suite de planches.
N° 1. — L’un des témoins du mariage de Patacca,coiffé d’un bonnet lié d’un nœud de rubans, qui en-veloppe les cheveux.
N° 2. — Jeune homme, dont la chevelure en partienattée forme un chignon, traversé par une épingle,et orné d’un petit nœud de ruban.
N° 3. — Marco Pepe, le rival de Patacca, portant lebonnet enrubanné du n° 1 et par dessus, s’avançantjusque sur ses sourcils, un petit bonnet de coton àfloche, qui n’occupe peut-être cette position quepour cacher le trou de la blessure que Patacca luia faite au front en un combat singulier.
N° 4. — Nuccia, la maîtresse de Patacca; chevelureen partie nattée bien dégagée, se relevant en bellemasse et retenue par le haut peigne, marchant
avec le nœud de rubans et des pendants d’oreillesen perle allongée.
N° 5. — Meo Patacca.
N° 6. — Homme du peuple, en longue résille, sousle chapeau de la famille des Bolivars, Cette granderésille est encore prolongée par deux cordons à petitsglands qui pendent jusqu’à la hauteur de la ceinture.
7. — Eemme du peuple portant le chignon haut,surmonté du peigne habituel, et ayant la perle allon-gée à l’oreille.
N® 8. — Jeune homme paré d’une fleur, posée non àl’un des revers de la veste ouverte, mais dans legilet à la base du cou.
N os 9 et 10. — Chapeaux de modèles divers.
N° 11. — Aspect postérieur d'un chignon féminin.
Aquarelle de M. Stéphane Baron.
Voir pour le texte : M. Eugène de Montlaur, de l’Italie et de l’Espagne; Paris, 1852. — LeMagasin Pittoresque, année 1857. — Ch. de Brosses, Lettres familières écrites d’Italieen 1739 et 1740 ; avec une étude littéraire et note, par Hippolyte Babou; Paris, 1858.