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ESPAGNE
COSTUMES UE LA FIN DU XVIII e SIÈCLE.
DIVERTISSEMENTS ET JEUX DE CARACTÈRE NATIONAL.
En 1779, Francisco Goya, remarqué pour des toiles de genre pleines de gaieté, mais dontcependant on ne connaissait pas encore toute la valeur, recevait une commande considérablede cartons destinés à être reproduits par les métiers de Santa-Barbara, la manufacture detapisseries fondée en 1720 par Philippe V, qui affranchissait ainsi l’Espagne de la nécessitéde recourir aux Italiens et aux Flamands, comme elle avait dû le faire jusqu’alors. Char-les IV, en s’appliquant à donner un essor nouveau à cette industrie devenue nationale, in-vitait les peintres de son temps à chercher des sujets qui lui fussent propices, et en dehorsdes sujets religieux, des toiles historiques, etc., à la reproduction desquels elle était le plusgénéralement appliquée jusque-là.
Goya voyant qu’on lui laissait le choix de ses sujets, et considérant que ces tapis étaientsurtout destinés à orner les appartements de maisons de plaisance, telles que des rendez-vous de chasse, des palais d’été, etc., eut l’idée de prendre ces sujets dans la vie de chaquejour, les promenades, les jeux, les épisodes de la vie élégante. Parmi les déjeuners sur l’herbe,les chasses, les pêches, les excursions, on rencontre des scènes populaires et des jeux commeceux que nous reproduisons, auxquels leur caractère national ajoute un intérêt d’autant plusvif, que ces jeux se perpétuent en Espagne.
La composition du personnel des jeunes gens alertes qui forment la ronde du colin-mail-lard montre, par le mélange des costumes locaux avec des habillements se rattachant auxmodes françaises, la place que ces modes tenaient alors dans les milieux distingués. Bel cu-charon , le jeu de la cuiller, est resté dans les divertissements des jeunes gens de bonneéducation. La forme en spatule du petit bâton avec lequel l’aveuglé doit désigner, sansqu’elle soit exposée à être palpée indiscrètement, la personne qu’il nommera, nous sembleavoir été donnée à cette baguette divinatoire pour que, lorsque le bâton touchant quelqu’un