Après l’alguacil viennent los peones, les gens à pied : espadas, banderilleros, chulos appelésaussi capeadores : Les costumes de ces divers toreros sont absolument de même caractère ; ilsne diffèrent que par la richesse des ornements. Les mieux rétribués, à cause de l’importancede leur rôle, comme les espadas, sont naturellement parés avec le plus de luxe; conçus pourl’agilité, ces costumes coquets, où les tons vigoureux se combinent avec des nuances tendres,donnent à la cuadrilla l’aspect d’un quadrille de danseurs. La monterilla de velours noir, ornéede chaque côté d’une grappe de pompons de soie, la petite tresse de cheveux, la coleta, quetout torero se laisse pousser, à laquelle s’attache la mona, espèce de chignon de soie noire,donnent aux toreros un aspect quelque peu efféminé. Ils portent une chemise brodée, à jabot,et une mince cravate nouée à la Colin. La veste courte, à poches de chaque côté, d’où débordele fin mouchoir de batiste, le gilet, clialeco, sont couverts de broderies épaisses, de paillon,de franges, d’agréments de soie. La culotte courte, étroitement ajustée, est en satin, généra-lement de nuance légère, bleue, rose, verte, lilas. Les bas sont de ton de chair; les souliersà rosettes découverts. La ceinture de soie, la faja, est toujours de couleur vive, ainsi que lelong manteau dans lequel les élégants toreros savent se draper si fièrement; la capa, qui sertà détourner l’action du taurau, doit toujours être de couleur éclatante.
Le quadrille est complété par les picadores, montés sur des chevaux dont on connaît laqualité. (Après Alexandre Dumas, Théophile Gauthier, le voyage en Espagne de M. le ba-ron Davillers, etc., etc., il est inutile de parler du combat lui-même.) Le picador (n 08 13 et15), est coiffé d’un chapeau de feutre à larges bords, de forme basse, arrondie, et surmontésur le côté d’une énorme touffe de rubans. La veste et le gilet surchargés d’ornements dansle genre de ceux déjà décrits, sont de la même coupe que ceux des gens de pied; la chemiseest également brodée ; seulement la ceinture de soie recouvre un pantalon de cuir jaune,cachant des jambarts de tôle, pour parer aux nombreux coups de cornes à recevoir. La selle,de mode arabe, est très élevée, et les étriers en bois ont le même caractère; l’éperon est longet puissant. On sait que les yeux du cheval sont bandés avec un foulard rouge au momentde l’assaut, et que la lance du picador avec son bourrelet d’étoupe est à peu de chose prèsrendue inoffensive ; un doigtier de peau fixé au pouce du cavalier empêche l’arme de glisser
Au milieu des couleurs variées et des épaisses broderies, souvent en soie d’or ou d’argentdu costume des divers toreros, celui des banderilleros, tantôt jaune, tantôt gris, etc., est tou-jours passementé de noir, et n’a jamais de broderie métallique. (Voir n° 14.) Les banderillas,pctUUos, zarcillos, rehiletes, sont des bâtons enjolivés dans leur longueur, de papier découpé,frisé, de différentes couleurs, finissant par un fer en forme de hameçon; entré dans la peau,ce dard n’en sort plus; on pique les banderillas par paires.
Parmi nos toreros contemporains, le n° 5 est une première épée, au moment de l’entréedans la place. Son manteau en soie est brodé d’or. — Le n° 7 représente un torero au momentoù, le clairon donnant le signal pour la mort du taureau, une des premières épées vient fairele salut. L’usage veut que l’espada, ayant fait passer dans sa main gauche l’épée et la muleta,