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Tome VI.
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N 03 8 et 9.

leur éclatante, assez courte pour dégager franchementle pied finement chaussé de souliers à boucles ; desbas blancs; un tablier de soie; un nœud de rubanample, à bouts flottants, fixé au-dessous du corsage,par derrière ; de larges anneaux aux oreilles, anneauxparfois terminés en triglènes ^ un tour de cou en co-rail; tel est le costume de ces nourrices, rehaussé depassementeries de velours en bandes, de galons et deboutons d’or ou d’argent, selon le caprice, ou plutôtselon le goût et l’harmonie des couleurs.

N” 7.

Charra. Riche fermière de la province de Salamanque.— La plupart des charros salamanquinos habitentdes espèces de métairies. Ce sont des gens demoeurs simples et patriarcales. Leurs femmes sontrenommées pour leur beauté, que fait encore valoirleur costume de fête. Le luxe traditionnel de cespaysans, dont le nom particulier n’a peut-être pasd’autre origine que la charrue ou le charroi ( carrus ),aurait fait entrer dans la langue espagnole l’adjectifcharro , par lequel on désigne une chose surchargéed’ornements. La chevelure des charras est ornéed’épingles et nouée à l’arrière par un large ruban.Leur fichu ou rebozillo couvre les épaules et la poi-trine ; ce fichu est en soie ainsi que le corsage de larobe. La jupe écarlate est de drap fin, ornée d’appli-ques de velours contourné d’or, représentant desoiseaux, des fleurs; le bas de cette jupe est découpéen festons. Le tablier étroit, partie en velours, par-tie en soie, est aussi brodé d'or fin. Les bas sontblancs; le soulier très fin, très découvert, est àboucle. Les charras portent de longues boucles d’o-reilles. Leur bijouterie en filigrane se tire du Por-tugal. La chaîne du collier étalé sur le fichu faitgénéralement plusieurs tours et aboutit à une croixornée d’émeraudes, dont la couleur est très répan-due parmi les joyas populaires.

Paysannes de la province d’Avila. — Leurs costumessont plus rustiques que celui des charras. Le chapeauest en paille noire, avec des rubans en velours gaufré.Le petit châle frangé, à fond blanc, est en laine. Lajupe, de couleur éclatante, est en gros drap; elle estornée, en bordure, d’appliques de velours noir d’unlarge dessin régulier, offrant une suite de rosaces >’cette bordure n’est souvent qu’imprimée. La jupe dela robe est assez courte ; le jupon, dont le bas est demême couleur que le dessus, la dépasse légèrement.Le tablier est peu large et peu longt il est simplementbordé d’une ganse de velours ou de soie d’or. Les bassont bleus; les souliers à boucles ou à rosettes. Lajoaillerie grossière consiste en boucles d’oreilles, an-neaux ou rondelles, et en un large médaillon sus-pendu au collier. On orne le chapeau, déjà chargé derubans, avec des branches de fleurs, et parfois on lepose par-dessus uu mouchoir rayé, destiné sans douteà amortir les rayons du soleil, à la manière duhaïck africain.

N° 10.

Bourgeoise de la province des Asturies. — Son costumese compose d’une robe en mérinos et d’un fichu envelours avec une passementerie d’argent. Le tablier,très ample, est bordé par en bas d’un large ruban develours accompagné d’une passementerie de mêmenature que celle du fichu, c’est-à-dire en argent etdisposée en dents découpées ; les bords de la manchesont garnis de même. Un rebozillo de lingerie est jetésur les épaules et négligemment noué. Cette femmeporte un médaillon au cou.

La province des Asturies et celle de Salamanque fontpartie du royaume de Léon. Celles de Ségovie, Bur-gos et Avila dépendent de la Yieille Castille.