Band 
Tome VI.
JPEG-Download
 

d’uu voyageur du siècle dernier, échangent entre eux des titres honorables quand ils s’a-bordent. « Lorsqu’un laboureur en rencontre un autre dans les champs, il le salue gravement,et lui dit : bonjour, seigneur chevalier. L’autre répond avec le même sérieux et sur le mêmeton; et le tout se passe avec autant de majesté que l’entrevue de deux monarques. » Ces hon-nêtes gens de la terre, ces paysans, qui se donnent du Don, entre eux, ont de sérieuses vertus,et valent mieux que ces autres bons Castillans, les mendiants vus à Burgos par ThéophileGautier, qui semblent, en général, se croire aussi quelques gouttes de sang noble dans lesveines. « Ce que Ton voit le plus à Burgos, dit-il, ce sont les guenilles et les haillons souslesquels s’abritent les mendiants castillans, qu’on a comparés à des tas d’amadou séchantau soleil. Tout cela est si sec, si inflammable, qu’on les trouve imprudents de fumer et debattre le briquet. Les petits enfants de six ou huit ans ont aussi leurs manteaux, qu’ils por-tent avec la plus ineffable gravité. » Pourvu, dit la chanson populaire, que le Castillan aitdu vin, de l’ail, du blé et de l’orge, il ne quitte pas sa place en juillet, ni son manteau enjanvier.

(.Aquarelles de MM. Garcia et J. Bastinos , d’après des compositions de Becker et des documentsphotographiques. Voir pour le texte, Yoyage en Espagne, par M. le baron Ch. Davillier, il-lustré par Gust. Doré.)