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Tome VI.
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massue, qui, maniée par le bras robuste d’un Gallego, est vraiment redoutable. La campa-gnarde, n° 9, porte un costume de peu de caractère et sur lequel nous n’insisterons pas.C’est une femme âgée, de condition misérable, pour laquelle sont passés les jours de la Gal-legada, les belles soirées de fiesta où l’on montre si volontiers et bien dégagés le bas blancou bleu et le soulier à petits talons et à petites boucles. Cette femme est coiffée d’unmouchoir ample, d’un fichu brodé en couleurs ; sa jupe, selon l’ordinaire, n’est pas sem-blable à son corsage ; le grand tablier, le manteo, d’étoffe commune comme le reste, la cached’ailleurs presque complètement ; les souliers sont presque des bottines qui ne sont pas atta-chées.

N 03 4 et 7. — Asturiennes. — Ces deux femmes représentent deux variétés des types po-pulaires. L’une, le n° 4, est une campagnarde; son costume chaud, en laine et drap, bienclos, répond aux nécessités locales; le principado de Astürias dont, d’ailleurs, le climat estsain, est un pays de montagnes abruptes où il fait plus froid que dans tout le reste de l’Es-pagne. Ce costume est typique. Le mouchoir de soie qui couvre la tête est noué sous le chi-gnon. Le dengue porté par les Asturiennes est le même que celui des Gallegas, leurs voisines ;il est en drap rehaussé de bandes de velours. Les bijoux sont aussi de même sorte, et en aussipetite quantité. Les souliers sont à boucles, mais les bas foncés diffèrent de ceux des alertesGallegas.

Le n° 7 représente une de ces Asturiennes comme on les voit à Madrid ; c’est une bonneendimanchée. Un grand nombre d’Asturiens sont domestiques comme les Galiciens. Celle-cia un mouchoir de coton noué sur la tête; son mouchoir d’épaules en filet de laine avec frangesest brodé en couleurs, le corsage a des manches fermées par des poignets de velours brodé.Le tablier court et étroit est en velours orné d’appliques de rubans d’argent. La jupe est enindienne ou en laine ; la chaussure n’est rien moins qu’élégante.

N° 5. — Aragonais. — Celui-ci est un pregonero, crieur public de village. Il a les cheveuxcoupés courts, le mouchoir de couleur roulé en corde, la chemise sans cravate, la veste portéesi souvent sur l’épaule, le gilet, la large ceinture, la culotte de cuir, les bas bleus ne montantpas au genou, souvent coupés à la cheville de manière à laisser le pied nu dans la chaussurede chanvre tressé, les alpargatas attachées avec des rubans noirs. C’est le costume des contre-bandiers des Pyrénées qui, dit une chanson populaire sur ces héros à tromblon et à cartou-chière, « sont des hommes de cœur ; ce qu’ils chargent en Catalogne, ils le vendent en Aragon. »

N° 6. — Paysan des environs de Yalladolid. — Cet habitant de la Vieille-Castille porteun de ces costumes dont l’aspect peut être attribué aux traditions militaires. La Castillequi doit son nom aux châteaux-forts ( castillo ) dont elle s’était hérissée dès le IX e sièclefut une vieille terre de combats plus renouvelés encore là que dans les autres parties de l’Es-pagne. La montera rappelle le casque, les guêtres de cuir prennent le pied comme les grèves defer; le manteau en drap grossier, d’une coupe si particulière ressemble à une casaque d’hommed’armes du dix-septième siècle. Ce costume convient au caractère de gens qui, au dire