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Tome VI.
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N os 1 et 9. Femmes de la haute montagne.

Toutes deux portent le capuchon de laine, le fichu encoton peint, le tablier de même espèce. On voit aun° 9, qui montre une montagnarde aisée, les longsbouts de manche fixés par un ruban de velours à bou-cles d’argent, et les pendants d’oreilles d’or ou d’argentallongés, d’un travail grossier, mais dont les formesà demi barbares ne manquent pas d’originalité, et quisont quelquefois si pesants qu’il faut les soutenir parun fil. Les bijouteries de ce genre, ainsi que les ba-gues ornées de pierres rouges ou vertes, qui se ven-dent à Barcelone, sont principalement destinées auxpagesas, les paysannes riches.

N° 4. Maire d'un village de la haute montagne.

Il porte le gambeto ou pardessus. Il est coiffé du gorro,le long bonnet de laine qui se porte rouge ou brun.

N° 2. Riche fermier des environs de Lérida.

Bonnet de laine rouge ; veste courte, dite le marsille,et culotte de velours bleu ; gilet de toile ou de cotonrayé rouge ; cravate de coton peint, passée dans unanneau d’argent ; ceinture en laine rouge ; guêtres ouplutôt jambards de cuir jaune, boutonnés sur le côté ;bas de laine ; capa de muestra frangée; espardilles. Laveste courte des Catalans est parfois l’objet de cer-taines décorations; le marsille du mayoral ou conduc-teur de diligence est orné de broderies et d’aiguillet-tes, avec des pièces de drap rouge ou vert aux cou-des ; un grand pot de fleurs dont les ramages s’éten-dent est brodé au milieu du dos.

N° G. Femme d’Agramunt (gros bourg du même district).

Mouchoir noué sur la tête laissant apercevoir les nœudsde la résille; collier d’or; ample fichu en tulle bordéde dentelles, brodé en paillettes d’or ; grand tablierblanc ; corsage en velours ou en soie, toujours noir,dont les manches justes se terminent au-dessus ducoude. Bouts de manches en soie ou en laine soutenuspar le ruban de velours bouclé d’argent.

N°8. Riche fermier des environs de Vick, provincede Barcelone.

Bonnet et ceinture en laine violette ; veste, gilet et cu-lotte en drap ou en mérinos noir ; bas de laine ; bro-dequins de cuir noir.

N° 10. Cultivateur de la province de Tarragone.

Bonnet en laine brune ; gilet de laine ; ceinture rouge;chemise de toile rayée bleue; culotte en velours decoton; veste de drap grossier portée sur l’épaule ; basde laine; chaussettes de coton; espardilles.

N°ll. Jeune femme de la même province.

Itésille en soie noire avec des nœuds de velours ; pen-dants d’oreilles en argent et émeraudes ; corsagede velours lacé par devant, dont la manche courte etles bouts de manches ou mitaines de laine ou soiesont conformes aux types décrits; fichu de soie bordéde dentelle, brodé en soie mêlée de paillettes d’or.Jupe en indienne ; tablier en coton peint. Les Espa-gnoles n’ont point en général l’habitude de faire va-loir l’opulence naturelle de leur poitrine. L’amplefichu des Catalanes a plutôt pour résultat de la rendremoins sensible que de la faire ressortir.

N° 12. Jeune homme de la même localité.

Bonnet violet ; gilet en soie cramoisie soutachée deblanc ; culotte de velours ; bas de coton bleu sur le-quel est passée une guêtre de cuir ; espardilles. Laceinture est en laine violacée, et la petite veste dedrap est jetée sur l’épaule,

N° 7. Bedeau de la Confrérie du Sang de Jésus-Christ,

Cette confrérie, dont les pénitents portent le long ca-puchon pointu percé seulement de deux trous pourles yeux, assiste les condamnés à mort, qui, commeon le sait, sont suppliciés en Espagne par la garrotte.On donne d’habitude une grande publicité à cegenre de spectacle; plusieurs jours à l’avance le pu-blic est prévenu ; ordinairement l’exécution a lieudans une plaine à proximité des faubourgs ; la fouley afflue. La distance que doit parcourir le condamnéest souvent assez considérable ; il fait le trajet montésur un âne, et vêtu d’une longue robe jaune, la cou-leur du deuil en Espagne. Un ou deux prêtres l’as-sistent ; une longue file de pénitents, les uns avecdes cierges en main, d’autres portant des bannièreset des christs, parfois de grande dimension, précèdentet suivent le cortège en psalmodiant le chant desmorts. L’exécuteur, simplement vêtu de noir, portela veste courte des ouvriers des villes. Le corps sup-plicié reste exposé plusieurs heures sur l’échafaud ;les pénitents ne l’abandonnent pas pendant ce temps,et ils quêtent pour le mort, c’est-à-dire dans le but defaire dire des messes pour le repos de son âme.