PROVINCES VASCOSGADAS,
On donne le nom de provincias vascongadas ou simplement celui de provincial aux troisprovinces d’Alava, de Gnipuzcoa et de Viscaya, qui occupent la plus grande partie de lacontrée montagneuse du nord-ouest de la péninsule ; elles forment le pays basque et navar-rais que l’on doit considérer comme étant complètement à part dans l’ensemble de l’Es-pagne.
Les Basques, qui se donnent à eux-mêmes le nom d’« Euskaldumac » ou d’« Euskariens »,sont la race mystérieuse par excellence ; « ils restent seuls au milieu de la foule des autres« hommes; on ne leur connaît point de frères », dit M. Elisée Reclus. Ce peuple a gardéson vieil idiome, ses mœurs, et certains droits ou prérogatives politiques dont il jouit depuisdes siècles.
Sans qu’il y ait de type basque proprement dit, la plupart des hommes, dans les pro-vinces espagnoles comme dans la Navarre française, ont des traits nettement dessinés et unetaille bien proportionnée ; presque toutes les femmes se distinguent par leur beauté et leurélégance naturelle, au point que, dans certains districts, la laideur constitue un véritablephénomène. On doit ajouter que, chez les Basques, la beauté de la forme s’allie à une grandedignité de maintien.
L 'euskara, qui est la langue de ce peuple, semble tout à fait unique par la structure deses mots et le mécanisme de ses phrases ; les Espagnols l’appellent vascuence , mot qui désigneune langue obscure et confuse que personne ne peut comprendre.
N'" 8, 9, 10,11 et 15.
Paysannes et paysans.
Le costume des hommes se compose du béret que l’onporte légèrement incliné du côté de l’oreille, d’uneveste rarement mise et qui s’enroule autour du brasou se jette sur l’épaule; d’un gilet sur lequel estrabattu le large col de la chemise, et d’une largeceinture retenant un pantalon garni, dans sa lon-gueur, de pièces de velours symétriquement dis-posées.
Les femmes ont des robes de drap grossier et nemontrent de leurs cheveux, coquettement couverts
d’un mouchoir de coton, que deux longues nattes pen-dantes. Ces paysannes modestement vêtues se dis-tinguent par une attitude fière provenant de l’ha-bitude qu’elles ont de placer leurs fardeaux sur latête. Elles ont généralement le cou et les épaulesremarquables parla pureté des lignes, beauté bien rarechez les femmes adonnées au dur travail de la terre.
Deux de ces figures, les n° 8 8 et 9, montrent unepaysanne et un paysan de la vallée de Loyola, endroitparticulièrement célèbre par la beauté de ses habi-tants, hommes et femmes. On dit qu’il serait diffi-cile d’y trouver une jeune fille qui ne fût pas un mo-dèle parfait.
Aquarelles de MM. Garcia et Bastinos.
Voir, pour le texte : Voyage en Espagne, par le baron Davitticr. — Géographie universelle,
par M. Elisée Reclus.