coin stérile contrôles Romains, bravoure qnileur a permis, pendant les trois siècles de l’inva-sion arabe, de conserver seuls avec les Asturiens leur indépendance.
Le costume des montagnards galiciens se ressent naturellement de la nature du climat etde la pénurie locale. Celui des hommes se rattache, comme dans toute l’Espagne, aux tradi-tions militaires. Ce sont ces traditions qui, selon la remarque faite par Pons au siècledernier, dans son Viaje de Espana, judicieusement relevée par M. le baron Ch. Daviller,font retrouver dans les monteras, les sevillanes, grenadines, manchoises, Valenciennes, gali-ciennes et autres casques d’autrefois ; comme on retrouve dans les coletos (espèce de pourpoint),dans les polaynas (longues guêtres de drap), les abarcas (espèce de guêtres) et jusque dans lesalpargatas, l’image vivante des anciennes armures.
Dans le costume des paysannes galiciennes, fait d’étoffes de qualité la plus ordinaire , on nerencontre pas les broderies dont sont surchargés les vêtements des charras par exemple, desenvirons de Salamanque ; elles ne sont pas parées non plus, comme celles-ci, de chaînes d’or àplusieurs tours s’étalant sur le fichu. Ce fichu ou mantelet, le dengue, croisé sur la poitrine,est simplement en drap rouge bordé d’un large velours noir. Les coiffures ne consistent qu’enun mouchoir habilement arrangé. Le grand tablier, le manteo attaché en arrière par unedouble agrafe métallique et qui cache presque entièrement la jupe, est bordé plus ou moinslargement, mais dépourvu aussi de toute broderie. La jupe, toujours bordée de velours en ban-des, dont le nombre ainsi que la largeur varient, est tout aussi simple. Cette jupe attenant aucorsage sans manche est propre à des gens alertes comme le sont les fraîches et jolies Galle-gas; on la fait assez courte, dégageant bien le pied et même la naissance de la jambe. Un nœudde ruban aux bouts flottants, posé par derrière à la hauteur de l’agrafe du tablier, complète lecostume endimanché avec lequel on porte les bas blancs ou bleus et les souliers découverts àpetits talons et à petites boucles. La boucle d’oreille longue, un collier à un rang d’or oud’étoffe avec quelque médaillon, ou croix à la base du cou, sont à peu près les seules joaille-ries en usage. Presque toutes les femmes tiennent à porter l’émeraude au col comme à l’oreille;on en emploie pour cet usage de toutes les qualités, y compris le verre qui l’imite.
Le dengue est de drap. Le manteo est aussi en drap ou en mérinos; pour la jupe et le cor-sage, le drap est l’étoffe ordinaire. Les mouchoirs de tête sont en cotonnade ou en soie.
En somme, ce costume de la Gallega est de coupe sobre et de réelle austérité, dans la formecomme dans le fond ; l’exemple de la Corogne, n° 8, le fait bien voir. Celui de la paysanne deYigo, malgré les pieds nus de celle qui le porte, est d’une forme beaucoup, plus élégante etdisposé avec une coquetterie plus heureuse. On le voit d’ailleurs facilement. Le corsage, ou-vert par devant et n’attenant à la jupe que par derrière, est à épaulettes, sans manches et lacé,liant les deux côtés sans les réunir. Le corsage, ne montant qu’à la hauteur des seins, est coupéà angle droit. La chemise, qui recouvre la poitrine, a de larges entournures, et les manchesamples n’ont pas de poignet fermant. Le dengue étroit qui ne descend pas sur les bras etqui, en se croisant sur îa poitrine, ne dissimule aucune des ouvertures du corsage, le ta-