un revers est relevé et l’autre abaissé; sa veste courte, son gilet fermé avec ses rangées de bou-tons métalliques, la ceinture placée haut pour ne pas contrarier l’usage du grand pont de laculotte dont les boutons s’étalent en garniture horizontale ; le foulard de soie ou de coton auxcouleurs vives sortant de l’un des côtés de la culotte, côtés non cousus, mais à boutonnières dedeux calibres, fort nombreuses et serrées vers le bas où on ne les boutonne jamais ; le pantalonde toile blanche, les guêtres en drap avec un pompon à l’avant du pied, enfin jusqu’au grandet lourd parapluie de coton rouge, tout dans ce costume de paysan habillé est à considéreravec attention.
Il n’est pas une seule partie de l’Espagne qui n’ait sa danse particulière et favorite. Lagallegada, ou danse des Gallegos, est fort connue et bien dansée à Madrid même. Elle com-mence par une pantomime que l’orchestre accompagne par quelques mesures lenles où lespartenaires dos à dos semblent vouloir se bouder; puis, sur la mesure de plus en plus vive,les pieds s’agitent; enfin, les deux danseurs s’élancent, et les castagnettes résonnent. Legaitero gaîlego, le joueur de cornemuse galicien, et le musico tamborüero sont de toutesles réjouissances publiques et privées, noces et fêtes patronales. Le magosto qui se cé- .lèbre le jour de la Toussaint en Galice et dans la province de Léon, à l’occasion de larécolte des châtaignes, est le jour de fiesta le plus brillant de l’année. Les Gallegos,dont la réputation est d’être plus robustes qu’agiles, y deviennent vifs et non moins lestesque leurs plantureuses toléras. Le macho unit sa voix grave au son plus clair de la hembra,et les deux castagnettes, mâle et femelle, retentissent en suivant tous les mouvements ducorps, des bras et des jambes. La castanuela espagnole, à très peu de différence près, estle même instrument que les crotalia antiques ; tous deux sont composés de deux partiescreuses qui, frappées l’une contre l’autre, produisent un son sec. La forme, la dimensionsont à peu près semblables. Si les crotalia étaient en bronze, on en faisait aussi en boiscomme les castagnettes ; et celles-ci mêmes étaient aux mains des gaditanas dansant lespas espagnols dans la Eome de Martial, de Pline le jeune, de Pétrone, qui ont célébré cesdanseuses comme habiles et séduisantes entre toutes.
Aquarelles de M. Garcia.
(Voir pour le texte, Voyage en Espagne, par MM. Gustave Doré et le baron Ch. Daviller.)