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Tome VI.
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buis bénit, seraient ornés de grands rameaux en formes de palmes, tressés, nattés, tirebou-chonnés, non seulement avec beaucoup d’élégance, mais encore avec ce soin et cet amourque les meilleures gens du monde ne sauraient avoir pour la chambre banale où passe levoyageur.

Dans ces grandes chambres carrelées, où les cheminées sont fort rares, on se chaulfe l’hiveravec le brasero, grande bassine de cuivre jaune posée sur un trépied et remplie de braise oude petits noyaux en combustion recouverts de cendre fine qui entretiennent un feu doux.

Le lit est, pendant la journée, tenu sous le rideau ; il occupe un espace des plus restreintset se trouve en une espèce de réduit disposé en retour d’angle près de la porte d’entrée, detteexiguïté rappelle celle de l’alcôve pompéienne, zotheca, où il n’y avait guère de place quepour la couche et dans laquelle on ne pouvait demeurer sans laisser la porte ouverte.

Le seul vestige architectural qui indique la vieille ville mauresque se trouve dans la formeet le profil de l’ouverture du fond, commune à l’entrée de la pièce et à son alcôve. Quant aumobilier dépareillé, rangé le long de la muraille, il justifie pleinement ce que dit ThéophileChantier à propos de l’abondance extraordinaire de chaises et de canapés de paille dans leshabitations espagnoles, et aussi ce qu’il ajoute en parlant du goût affreux des meubles,rappelant le goût messidor, le goût pyramide, et toutes les formes démodées du premierempire qui, selon lui, bien que l’ancienne Espagne ait en grande partie disparu, y fleurissenttoujours dans toute leur intégrité.

La galerie supérieure du patio montre que cette partie de la maison reçoit d’autres pro-portions que celles d’un couloir ; sa profondeur, en de certains côtés, est doublée. Il y a là unepièce recevant le plein air, s’ajoutant aux chambres d’habitation, et d’une jouissance com-mune ; elle est pavés de larges carreaux de briques, et c’est l’endroit où, d’ordinaire, l’Espa-gnol de mœurs rustiques, couché sur la dure, étendu sur sa manda, fait sa sieste.

Il n’est pas sans intérêt de faire remarquer que, sous le couvert de son toit en pente qui ladégage intérieurement, cette pièce à air libre, quelle que soit sa profondeur, est toujours pour-vue d’une abondante lumière ; c’est à peine si sous cette toiture qui préserve de l’atteinte di-recte des rayons de soleil on est ce qui s’appelle dans l’ombre. La pénombre est si réellementclaire sous le ciel espagnol que le peintre, habitué aux oppositions septentrionales, ne saitcomment s’y prendre pour établir des plans dans sa translucidité, et c’est ce que nous disaitnotre ami Sabatier qui s’y est efforcé dans son aquarelle, où, malgré sa délicatesse scrupuleuse,obligé de forcer des oppositions en réalité à peine saisissables, il a cependant réussi à le fairecomprendre.

L’extérieur de la maison montre que les mêmes précautions y sont prises pour se préserverdes inconvénients du soleil, en éviter l’atteinte, et cependant respirer. La toiture avancéeconserve Yimbrex romain, la tuile courbe, bon et durable préservatif,'d’une disposition heu-reuse pour la division et le déversement des eaux pluviales ; pas de vitres échauffantes à lafenêtre, mais une porte en bois à deux battants dont le panneau supérieur s’ouvre à l’inté-