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Tome VI.
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rieur pour procurer quelque lumière ; le seuil de cette porte-fenêtre s’élève d’une marche au-dessus du balcon avancé dont la plupart des maisons se trouvent pourvues. La boutique estouverte et sous une toile tombante, qu’un bâton transversal à demeure permet de tenir àquelque distance, de manière à ne pas priver de l’air extérieur. Le pied du mur est bordé depetites dalles en talus pour empêcher le déchaussement causé par la pluie et la pénétrationde l’humidité. Amoureux du badigeon, les Espagnols en couvrent tous leurs murs, avec unesingulière fréquence dans certaines provinces méridionales ; à Séville, régulièrement, cela se re-nouvelle trois ou quatre fois par an. A Grenade on en varie les tons, de manière à éviter auxrues étroites, généralement tortueuses, tout aspect monotone ; sans compter les crudités dela craie blanche, les maisons y sont peintes en rose tendre, en vert clair, en jaune beurrefrais, enfin de toutes nuances des couleurs les plus gaies. Le seul inconvénient de cette che-mise de chaux, comme l’appelle Gautier, c’est qu’elle ensevelit de plus en plus, de manière àles dérober aux investigations des antiquaires, les restes des sculptures arabes et gothiquesqui ornaient les maisons anciennes. En somme, l’absence de toute teinte sombre produit unensemble plein de vie et de gaîté. L’homme qui passe dans la rue devant la maison repré-sentée, sur le pavé en petits cailloux que l’on trouve dans toutes les villes d’Espagne, et surlequel, lorsqu’il est rayé, en manière de trottoirs, de bandes de pierres plates assez larges, lafoule marche à la file, cet homme qui passe, c’est Yaguador, portant en bandoulière le barilplein d’eau fraîche, à cannelle étroite, et lançant à chaque instant son cri : agua ! quien quiereagita ! On est grand buveur d’eau en Espagne.

Les costumes représentés proviennent de la Vieille et de la Nouvelle Castille, de l’ancienneprovince de la Manche et de celle de Valence.

N° 1. Paysan des environs de Tolède.

Chapeau rond, veste de drap avec dessin passementé envelours ou en coton.

N° s 2 et 3. Maquignon, marchand de mules, et son do-mestique ; province de la Manche.

Les meilleures mules d’Espagne sont les castillanes etsurtout celles de la Manche. Au siècle dernier, on n’yconnaissait guère que les attelages de mulets, mêmeaux carrosses. On sait qu’ils servent aussi hardimentqu’adroitement dans les montagnes, et semblent néspour porter docilement et longtemps de gros far-deaux. Ceux de la grande espèce, provenant du croi-sement de l’âne avec la jument, ainsi que ceux de lapetite espèce, les bardeaux , issus du cheval et del’ânesse, se vendent cher; comme ils remplacent par-tout les chevaux de trait, que tout est transporté pardes mules qu’on attelle aux chariots ou aux charettes,

et que le mulet est d’autant plus précieux qu’il passeen sûreté dans des endroits où un cheval n’ose avan-cer, le trafic en est naturellement considérable.

N° 4. Petite fille de Castillon ; province de Yalence.

N° 5. Àrriero, charretier; même province.

N° 6. Cultivateur de riz, à Cullera; même province.

Ces deux derniers costumes peuvent être l’objet d’unedescription commune, d’autant plus propre à faireressortir leurs différences provenant de la profession,et les ressemblances tenant aux traditions locales. Cesdeux hommes portent également les bas sans piedou jambards de laine et les alpargatas de chanvretressé et battu, qu’on appelle aussi espardines , lais,sant à découvert le cou-de-pied. Tous deux ont surl’épaule la capa de muestra, la longue pièce de lainebariolée, rayée de couleurs vives, qu’ona rrange demille manières, et dans les coins de laquelle le Valen-cien serre son argent, son pain, son melon d’eau, sa