navaja; c’est à a fois un bissac et un manteau. Tousdeux enfin ont la chemise attachée au cou par unbouton double et sont ceints de la faja de soie ou delaine. Mais, tandis que l’arriero porte la culotte et laveste, et que sa tête enveloppée du foulard est recou-verte du chapeau bas de forme à bords retroussés,l’autre, le cultivateur, l’homme de la terre, a conservéle caleçon de toile, les zaragüelles de lienzo, quiflottent jusqu’à la hauteur des genoux, rappelant lejupon des Klephtes et provenant assurément desMaures. Ce cultivateur a un chapeau de paille hautde forme, à bords étroits et dont le caractère indiquela modernité. Selon la coutume ordinaire, il ne porteque le gilet, la veste étant réservée aux jours de fête*A son cou est suspendu un scapulaire ; dans sa cein-ture est passé un pistolet ; il est occupé à roulerune cigarette dont on sait l’usage universel en Es-pagne parmi les hommes. Les jours de travail, le Va- •lencien cultivateur ne conserve guère que la chemiseet le caleçon. Son visage brûlé du soleil, son regardfarouche, ses bras et ses jambes couleurs de bronze,et, s’il défait son mouchoir, son crâne rasé à l’orien-tale et bleu comme une barbe fraîchement faite, luidonnent tout à fait l’air d’un Bédouin, dit ThéophileGautier, qui l’appelle le Kabyle européen.
N° 7. Muletier des environs de Burgos.
Sauf les houseaux, ce costume a beaucoup de rapportsavec celui de l’arrierovalencien. La veste courte est ducommencement du siècle. Cet homme est coiffé duchapeau en tricorne posé de face, el tricornio, qui estle chapeau même des estudiantes de la tuna, de l’an-cienne tunante de Valence. Ils l’ornaient de la cuil-ler de bois indispensable aux gens nomades ; elle yétait passée comme un plumet.
N° 8. Gitana.
La population bohémienne est assez nombreuse dans laprovince de Murcie, mais encore plus en Andalousie.La grande affaire des femmes c’est toujours de dire labuena ventura, ou la baji, selon leur langage; elleslisent l’avenir dans les lignes de la main, ou dansentd’une manière toute particulière. Le corsage dégagépour l’aisance des mouvements est un des caractèresdu costume de ces femmes auxquelles il faut toujoursquelque fleur ou quelque ruban de couleur éclatantedans leur chevelure. Nombre d’entre elles ont conservél’usage de la jupe à deux et trois volants, qu’ellesrestent seules à porter en Espagne.
Les trois fragments de la maison sont reproduits d’après les aquarelles de M. Sabatier.
N os 1, 5, 6 et 8. Documents photographiques fournis par M. Laurent.
N° 7. Dessin d’H te Lecomte. N° s 2, 3 et 4. Dessins de M. Garcia. Coloration de MM. Bastinos
et Garcia.
Voir pour le texte : Tra los Montes, par Théophile Gautier, 1843. — Deux artistes en Es-pagne, par M. Desbarolles , 1855. — Quelques jours en Espagne, par M. John Lemoinne(Revue des deux Mondes 15 juillet 1858). — L’Espagne, par M. le baron Davillier, 1873.— L’Espagne, splendeurs et misères, par M. L. Imbert, 1875.