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Tome premier.
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HISTOIRE GÉNÉRALE

Soumis, comme toute l’espèce humaine, aux lois de la conforma-tion cérébrale, les nègres, livrés au,développement de leurs propresfacultés, dans la partie de l'Afrique qu'ils occupent et particulière-ment au centre, se montrent inférieurs en intelligence aux deux au-tres grandes races dont l’iiistoire de la musique est l’objet principalde ce livre. Condamnés à une perpétuelle enfance sociale, ils sont au-jourd’hui dans la situation où ils durent se trouver il y a quelquesmilliers d’années; car l’esclavage dans lequel végètent les troisquarts de la population ne leur permet pas d’en sortir. Cette race n’ani histoire, ni littérature, ni arts qui méritent ce nom. On cite cepen-dant quelques tribus (pii, mieux douées que les autres, semblentse placer au-dessus, sinon par le sens moral, au moins par des dispo-sitions plus industrieuses. Tels sont les Acliantis et les Fantis, dont lesort est moins misérable. Le territoire qu’ils occupent est fertile etcontient des mines qu'ils exploitent, bien qu’imparfaitement. Ils onth<\ti des villes d’une certaine importance ; leurs maisons sont com-modes et bien construites; enfin, ils tissent et teignent les étoffes decoton dont ils sont vêtus.

Un nombre très-considérable de tribus, plus ou moins modifiéesdans la couleur de la peau comme dans la conformation de la tête, serencontre dans l’immense étendue de la Nigritie. On y trouve des fa-milles noires comme le jais, d’autres dont la teinte est grisâtre,d’autres d’un brun rougeâtre comme le marron, et chacune de cesteintes se présente sous diverses nuances. Ile ces familles, la noireparait la plus primitive ; les autres ont été plus ou moins inétiséespar le contact des Jîerrebères, des Arabes, des Abyssins, et mêmedes Européens.

Au point de vue moral, le nègre est au dernier degré de l’espèce hu-maine. Le capitaine Hurton, Anglais d’une grande distinction d’esprit,qui a passé les années 1857 à 1859 dans l’Afrique orientale, et quil’a traversée tout entière, dit des nègres, dont il a fait une étude ap-profondie : « La moralité, dans son acception la plus large, n’existe« pas chez les membres de ces peuplades : ils ignorent la bienfai-

« sance..Chez eux, la voix de la conscience ne se fait jamais en-

« tendre; la seule émotion qu’ils éprouvent, lorsqu’ils ont commis« un meurtre, est la peur d’ètre hantés par le spectre du mort. Ils« volent avec l’assurance de l’individu qui fait bien. Dépravés à« l’excès, ils donnent à la débauche la plus grossière tous les mo-