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DE LA MUSIQUE.
« ments qu’ils ne passent pas à Loire (1). » Les efforts des mission-naires anglais, pour instruire et moraliser ces populations, ont étéinfructueux, et les résultats de la dernière mission de Mombas ont étédéplorables.
Suivant la loi de eapacité musicale, basée sur la conformation ducerveau, la conception des rapports d’intonation des sons ne peutexister que dans les limites les plus étroites chez une çace si peu fa-vorisée de la nature. Ne nous étonnons donc pas de trouver le pas-sage suivant dans la relation du voyage du capitaine Burton (2) :« Rien de plus mauvais que la musique de cette région. Admirable-« ment doués à l’égard du rhytlime, les indigènes, dépourvus de« toute sensibilité d’oreille, trahissent leur impuissance musicale en« se montrant satisfaits des sons les plus monotones qu’ils ne clier-« client ni à varier, ni à combiner entre eux. Ils manquent dans cet« art, comme en toute chose, du souffle créateur, du moindre esprit« d’initiative, et n'y font aucun progrès. 11 est cependant impossible« de ne pas remarquer la joie que leur procure la musique. Le ca-« notier accompagne d’une chanson les mouvements de sa pagaie,« le porteur chante en marchant, la ménagère en écrasant son grain;« et le soir les villageois, assis autour du feu, répètent pendant des« heures, avec un plaisir toujours nouveau, les mêmes notes et les<c mêmes paroles qui n’ont aucun sens. »
Dans un autre endroit, M. Burton dit encore : « Passionné pour la« musique, il (l’Africain) n’a su inventer que le sifflet : tous les ins-<( truments dont il se sert lui viennent de l’étranger. 11 adore le chant,« et n’a pas deviné la versification : il improvise quelques mots qui« n’ont pas plus de rime que de raison, et les répète à satiété sur un« mode traînant où chaque phrase se termine par un son fortement« nasal. Comme les Somalis, il a des airs spéciaux pour différentes cir-« constances, telles que la moisson, la'chasse, ou la plainte. Dans ce« dernier cas surtout, la mélodie prend une forme particulière (3). »
(1) Vorage aux grant/s lacs tir l’^4frique orientale, par le capitaine Burton, traduit de l’an-glais par M" ,c H. Loreau; Paris, Hachette, 18G2, p. 639.
(2) Ibid., p. 602.
(3) Ibid., p. 641. Suivant l’opinion plusieurs fois exprimée par M. de Gobineau ( Essai surl inégalité des races humaines, livre 11, ch. 1 er et 3 e ), un des caractères de la race noire est unecertaine disposition pour les arts ; l'expérience démontre cependant qu’elle n’a réussi ni dansla peinture, ni dans l’architecture, ni dans la musique.