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HISTOIRE GÉNÉRALE
la nature. Chaque degré de l’échelle des sons marque ainsi un mo-ment de ce développement, et enfin le douzième, Yng-tchoung (clo-che d’attente), répond à la dixième lune de l’année civile. « Par-« venue jusqu’à lui, l’œuvre commune des deux principes attend« son développement : le principe yang cesse ses opérations et de-« meure dans un repos qui lui permet de reprendre de nouvelles« forces avec lesquelles il agira en temps opportun. « De pareilles idéesprouvent jusqu’à l’évidence que le principe véritable de la musique,en tant qu’art, n’existe pas chez les Chinois et n’a pas été comprispar eux (1). Ils ne se doutent pas de ce que doit être la théorie ration-nelle de cet art : la médiocrité naturelle de leur esprit s’y trahit danstout ce qu’ils en disent. Pour donner une idée de leur manière deprocéder dans l’exposé des éléments de la théorie, il suffit de direcomment ils considèrent, suivant leur expression, le son pris en lui-même et avant qu’il soit circonscrit dans les limites des lu. Pas un d’euxne se doute que le son n’est que l’air vibrant; ils se persuadent qu’ilréside dans les organes de l’impulsion vibratoire, et, pour eux, c’est ■la matière de cet organe qui est le son en lui-même. Ainsi ils distin-guent huit sortes de sons tirés des trois règnes de la nature et lesrangent dans cet ordre : 1° la peau (dont on couvre les tambours);
2“ la pierre sonore (dont on fait certains instruments); 3° le métal(employé dans la fabrication des cloches, des gongs, et des tamtams);
4° la terre cuite ( dont on fait une sorte d’instrument à vent barbare ) ;
5° la soie ( qui servait autrefois pour la fabrication des cordes d’ins-truments); 6° le bois (dont on fait en général les instruments de toutgenre, et, en particulier, les instruments à cordes pincées) ; 7“ le bam-
(1) Le P. Àmiot, jésuite et missionnaire à la Chine, depuis 1151 jusqu’à sa mort, en 1794, estle premier Européen qui a écrit sur la musique des Chinois ; il entreprit de la faire connaître parun long mémoire, qui fut inséré dans le sixième volume des Mémoires concernant l'histoire, lessciences, les arts, les mœurs, les usages, etc., des Chinois, par les missionnaires de Pékin; Pa-lis, 1776, et ann. suiv., IG vol. in-4°. La méthode du P. Amiot, pour acquérir la connaissance dela musique des Chinois, consista à lire un grand nombre de traités de cet art suivant les idées qu’enont les lettrés du pays. 11 était médiocrement musicien , en sorte qu’il s’occupa peu de la musiquepratique , dont il est à peine parlé dans son mémoire imprimé. Sou admiration pour le peuplechez lequel il passa plus de la moitié de sa vie ne lui permit pas d’apercevoir le vide des écritsqu’il consultait, et dont il se fit l’écho dans son mémoire, ni de comprendre qu’il négligeait ce quiest essentiel lorsqu’il s’agit d’un art, c’est-à-dire, la musique mise en pratique. Plus tard, les ques-tions qui lui vinrent de Paris à ce sujet lui firent faire des recherches, dont il a consigné les résul-tats dans des mémoires supplémentaires manuscrits qui sont à la Bibliothèque impériale de Paris.Ils sont plus utiles que l’ouvrage imprimé, mais il y manque toujours le sentiment du musicien..