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Tome premier.
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HISTOIRE GÉNÉRALE

tement aux notes de la gamme diatonique; enfin, que ces intonationsétaient variables et diversement combinées dans soixante-deux modesqui, suivant l’opinion des théoriciens hindous de la musique, corres-pondaient à autant de nuances de passions et d’affections de l’âme. Unesection de cet ouvrage aura pour objet l’histoire de l’ancienne mu-sique de l’Inde et l’exposé de son état actuel.

Après que les habitants de l’Arie se furent divisés en deux masses,l’une se dirigea vers l’Inde, l’autre se fixa d’abord dans laBactriane,♦ puis s’étendit par degrés dans la Perse et dans la Médie. Tous ces mou-vements sont antérieurs aux temps historiques. Ces peuples ariens,les Bactriens, les Perses et les Mèdes, sont désignés par quelques phi-lologues sous le nom de ZoroastrierCs, parce qu’ils suivaient la doctrinereligieuse de Zoroastre, laquelle reconnaît un Dieu suprême (Zervane-Akerène) et institue le culte dufeu. La langue primitive deces peuplesn’est pas connue ; on sait seulement qu’elle était parlée dans la Bac-triane, et qu’elle fut la langue mère du zend (qui signifie parole), d’oùse formèrent plus tard le parsi et d’autres dialectes. Toutes ces languesavaient de grandes affinités avec le sanscrit des Brahmanes de l’Inde,provenant également de la langue bactriane.

Aucun traité de la musique des Perses ne remonte à une antiquitécomparable à celle des anciens ouvrages qui concernent la théorie dela musique de l’Inde; aucun n’est écrit en zend ou en parsi. La plupartde ceux qu’on possède aujourd’lmi sont ou des traductions d’ouvragessanscrits en persan moderne, ou des traités originaux dont l’antiquité neremonte pas au-delà du treizième siècle de l’ère chrétienne. Les théoriesdes auteurs persans sont incohérentes et contradictoires, parce qu’ellesexposent ou l’ancienne doctrine de l’Inde, ou cette même doctrine al-térée par un mélange d’éléments étrangers, ou le système persan pro-prement dit, ou celui des Arabes qui, sous leskalifes, furent les domi-nateurs de la Perse, ou même des théories européennes, qui semblent yavoir pénétré vers les derniers temps des croisades. Au milieu de cesdivergences se distingue cependant'la doctrine des Persans modernesappuyée par les traditions du chant populaire et par la division dumanche des instruments à cordes pincées ; or, cette doctrine, qu’il y alieu de croire issue de celle des anciens Perses, et dont l’analogie avecl’antique système de l'Inde est évidente, divise les intervalles des sonscontenus dans l’octave par quarts de ton ; en sorte qu’elle en placevingt-quatre dans cette étendue. Les Turcs, peuple d’origine arienne,