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Tome premier.
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DE LA MUSIQUE.

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première partie de l’Inde où elle descendit. Quelques philologuescroient que le pays était originairement habité par une populationnoire, que les Aryas furent obligés de vaincre et de disperser; toute-fois, on pense que cette population aborigène, dont on trouve des dé-bris dans rilimalaya, était peu nombreuse (1). D’autres ethnologuessont d’avis que cette population primitive de l’Inde était de même raceque les Aryas, et qu’elle avait pris possession du pays dans des tempsplus anciens. On verra en leur lieu les motifs qui rendent cette opinionplus plausible. Progressivement, les Arian's s’avancèrent sur les rivesde l’Indus, puis sur celles du Gange, et donnèrent leur nom à la partiequ’ils occupèrent antérieurement à toute conquête étrangère, en l’ap-pelant Arya-Warta (terre des hommes honorables) (2). Il est égalementremarquable que le mètre le plus suave de la poésie sanscrite est ap-pelé aryà (3). A une époque reculée, on trouve dans cette contrée unelangue riche et harmonieuse, source de toutes les autres langues dupays, une écriture dont les nombreux caractères sont appropriés à lanature delalangue, une théogonie ingénieuse et pleine d'imagination,une civilisation avancée, la culture des arts et des sciences, enfin dessystèmes de philosophie et de musique.

Les traités de musique les plus anciens et les plus authentiques querenferme la littérature sanscrite, démontrent que le système musi-cal primitif était intimement lié aux idées religieuses des Hindous,ainsi qu’à leur système cosmogonique. Les plus anciens et les plusestimés de .ces ouvrages ont, suivant l’opinion de William Jones,président de la société de Calcutta, une antiquité d’environ 3,000ans (4). On y voit que les musiciens de l’Inde, formulant en systèmesles tendances tonales des mélodies populaires de leur nation , avaientdivisé l’octave en 22 parties, un peu plus fortes que des quarts deton ; que la gamme des Hindous était composée de sept intervallesdans lesquels les 22 intervalles plus petits étaient inégalement répar-tis et formaient des intonations dont aucune ne correspondait exac-

(1) Cf. Lassen, Inclische Alterthumskunde , t. I, p. 391. — Ritter, Erdkunde , A sien, t. I,p.435.

(2) Burnouf, Commentaire sur Yaçna (un des livres liturgiques des Perses); Paris, 1834,1 er vol., p. 4G1, noie.

(3) W. Jones, On the musical modes of the Hindus , dans le 3 e volume des Asiatic Researchêsde la Société de Calcutta, édit, de Londres, 1799, p. 67.

(4) Ouvrage cité.