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HISTOIRE GÉNÉRALE
les plus beaux temps du développement intellectuel des Grecs : lapoésie, l’éloquence, la philosophie, les arts, font de rapides progrès,et le génie grec se manifeste dans des œuvres qui excitent encorel’admiration universelle.
Vers la même époque ( 480 ans avant J.-G.'), ou peu auparavant,la musique de ce grand peuple était devenue purement diatonique.Les efforts faits par Timothée de Milet, Phrynis et Philoxène, pour laramener au genre chromatique, et pouf la rapprocher de son origineasiatique, furent sans succès; car les organes s’étaient accoutumés à neproduire et à n’entendre que des intervalles de sons d’urie intonationplus facile et plus saisissable. Gette musique nouvelle excitait chezles Grecs des transports d’enthousiasme. Les anciens jeux Olympiques,Isthmiques, Pythiques et Néméens, autrefois souvent interrompus,étaient alors régulièremént célébrés ; ils émouvaient toute la Grèce,
. ou par le talent des artistes, ou par le génie des portes célébrant lagloire des vainqueurs du concours.
Quel était le caractère esthétique de la musique des Grecs à cetteépoque? En d’autres termes, en quoi consistaient ses beautés, sesformes, ses moyens d’action, et comment les musiciens grecs parve-naient-ils à émouvoir jusqu’à l’enthousiasme une nation seiisible etspirituelle, dont le génie dans les autres arts éclate par des œuvresd’une beauté achevée? En'vérité nous l’ignorons et nous l’ignoreronstoujours; car un art ne peut être connu que par ses monuments; or,ceux de la musique des Grecs sont anéantis à jamais. Les eussions-nous, d’ailleurs, nous n’en pourrions tirer que peu de lumière, lesmoyens d’interprétation certaine nous manquant absolument. Quel-ques misérables fragments de chants ont été retrouvés par des éru-dits, et l’on en a cherché la signification musicale au moyen de cer-taines indications fournies par des écrivains grecs. Vingt traductionscomplètement différentes en ont été faites, et tous ces efforts d’éru-dition et de patience n’ont abouti qu’à des résultats plus ou moinsridicules. Il y a plus : on n’a pu se mettre d’accord sur le mode de
« beaux triomphes ne furent qu’un accident ». (Ouvrage cité, t. H, p. 485.) » Quel accident qu’unearmée dé 700,000 hommes battue et dispersée par quelques citoyens! Fidèle à sa thèse de ladégénération de l’espèce humaine par le mélange du sang, le savant distingué qui a écrit ce pas-sage voit dans l’établissement de quelques colonies sémitiques en Grèce, longtemps avant lesHellènes, la cause fatale de son asservissement futur. Rien ne peut empêcher cet asservissement :le reste n’est qu’accident ! Tel est l’effet ordinaire des systèmes préconçus.