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histoire générait:
Toutefoisles rapports qui existèrent dans l’origine entre leschantsdel’Église d’Orient et ceux de l’Église romaine ne s’effacèrent pas ensuited’une manière si absolue, qu’il n’en restât et des formes communes,et certains ornements des mélodies, en sons plus ou moins rapides,dont les signes apparaissent dans les manuscrits que le temps nous alégués. Le goût de ces ornements, de ces groupes de sons et de trillesbrisés ou tremblements'de voix, devenu caractéristique dans leschants populaires de l’Espagne, sous la domination des Maures, s’é-tait aussi répandu dans la France méridionale, par l’invasion des Sar-rasins , qui furent en possession de l’Aquitaine pendant près de dix-huit ans, et dont la victoire remportée à Poitiers, par Charles Mar-tel, en 732, délivra les Gaules. Ce goût se réveilla et devint généralpar le contact des Européens avec les nations asiatiques pendant lalongue période des croisades. Les chants des troubadours et destrouvères nous en offrent des exemples nombreux, et l’usage en futpoussé jusqu’à l’excès dans le chant même de l’Église.
§ X1V -
La nouveauté la plus importante que les siècles de décadence etde barbarie ont vu introduire dans la musique est l’harmonie simul-tanée des sons : en vain en cherche-t-on des indications réelles dansl’antiquité (1). Des monuments de l’ancienne Égypte et de l’Assyrieoffrent, il est vrai, des représentations de musiciens qui jouent desharpes et des cithares avec les deux mains ; des vases grecs, étrusques,apuliens et campaniens, font voir aussi des lyres et des cithares dontles cordes sont pincées de la même manière ; mais rien ne prouveque les musiciens représentés ainsi font de l’harmonie, ou plutôt ilest certain qu’ils font entendre la succession de sons isolés, en pin-çant les cordes alternativement par une main, puis par l’autre ; car,
(1) Les raisonnements et les efforts anciens et récents, pour établir que les Grecs et les llo-mains ont connu l'harmonie et l’ont pratiquée, n’ont pas abouti au but qu’on s’était proposé.Les résultats auxquels parviennent les érudits imbus de ce préjugé sont précisément la négationde l’harmonie. J’ai traité cette question avec les développements nécessaires dans mon Mé-moire sur l'harmonie simultanée dessous chez, les Grecs et les Romains, etc. (Bruxelles et Paris ,1859, 1 vol. in-4°). Ce qu’on m’a répondu n^a pas plus porté atteinte à mes arguments, que lesinjures qu’on m’a dites ne m’ont ému.