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Tome premier.
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I)E LA MUSIQUE. -

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« l’unisson, sans autre accompagnement que le rhythme marqué« par une grosse caisse et deux tambours ou caisses roulantes. » Lestransformations qui s’opèrent en ce moment dans les gouvernementsde la Turquie, de la Perse et de l’Égypte, et les changements demœurs produits au dix-neuvième siècle par la marche rapide de lacivilisation, pourront modifier les dispositions naturelles de ces peu-ples à l’égard du sentiment musical et de l’harmonie; mais ce serale fruit d’une éducation nouvelle.

Avant le septième siècle de l’ère chrétienne, aucune indicationcertaine de l’existence de l’harmonie simultanée des sons n’apparaltchez les écrivains. Isidore, évêque de Séville, est le plus ancien auteurconnu à qui noirs devons cette indication précise : «La musique liar-« monique, dit-il, est la modulation de la voix, la concordance'de« plusieurs sons, et leur union simultanée (1).» Ici, pas d’équivoquedans les termes : il ne s’agit pas de la relation harmonieuse dansla succession des sons suivant le système tonal, véritable acceptiondonnée au mot harmonie par les théoriciens grecs et par Boèce, leurcompilateur : l’harmonie dont parle Isidore de Séville, c’est biencelle des sons entendus simultanément (coaptalio plurimorum sono-rum ). Plus loin, Isidore divise cette harmonie en symphonie, ou harmo-nie des consonnances, et en diaphonie, qui est celle des' dissonances.Enfin, ayant dit, dans un autre endroit, que l’octave d'un son estdans le rapport de 2 à 1, et que la quinte est dans celui de 3 à 2, ilajoute que de ces proportions est née la symphonie (l’accord) de Voclaveet de la quinte (2). Voilà donc trois sons et deux intervalles réunisdans une seule harmonie.

Ces passages du livre de l’évèque de Séville ont plus d’importancequ’ils ne semblent en avoir au premier aspect; car non-seulementils prouvent que les notions d’harmonie avaient pénétré dans la cul-ture de la musique au septième siècle, mais ils fournissent une indi-cation qui suffit pour déterminer, d’une manière au moins vraisem-blable, l’époque où cet élément nouveau s’est introduit dans l’art qu’ilétait destiné à transformer. Et d’abord, dans la supposition qu’il soitpossible de démontrer, comme je crois l’avoir fait, que les peuples

( 1 ) Harmonica {pmsicd)'est modulatio vocis, et concordantiaplurimorum sonorutn, et coopta -tio (apud Gerberti Script, eccles. de Mnsica, 1 . 1, p. 21).

(2) Ex hoc triplari nascitur symphonia, <ptæ dicitur diapason et diapente, Ibid., p. 25.