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HISTOIRE GÉNÉRALE
orientaux de l’antiquité et ceux des temps modernes, de mêmeque les Grecs et les Romains jusqu’à la chute de l’Empire, n’ontjamais connu l'harmonie simultanée des sons comme une par-tie intégrante de la musique, il faut, ou que cet élément de l’art aitété mis en pratique chez les nations celtiques qui peuplaient lesGaules et l’Espagne, ou que les barbares qui surgirent du Nord enmasses formidables et envahirent toute l’Europe, y aient introduitcette nouveauté. Examinons la première de ces hypothèses.
Il serait sans doute possible que les nations celtiques, pendant lalongue suite de siècles qui suivit leur établissement dans les Gauleset dans l’Ibérie, eussent reconnu que plusieurs sons réunis, sous decertaines conditions, peuvent plaire à l’oreille par leur cohésion,bien que ces mêmes peuples n’eussent apporté aucune notion sem-blable des contrées asiatiques d’où ils étaient originaires; car, ainsiqu'une langue primitive se transforme avec le temps en plusieursdialectes différents, il serait admissible qxxe la tonalité arienne, qui,chez les Grecs, n’avait pas abouti à l’harmonie, eut eu un sort différentchez les Celtes. Cependant rien ne nous autorise à penser qu’il enait été ainsi ; car .Iules César,. qui les soumit à la domination deRome, et qui en étudia les mœurs si bien décrites par lui, ne dit pasun mot de cette singularité qui n’eût pas échappé à l’attention d’unhomme si bien initié aux arts et doué d’une si rare intelligence. Lesécrivains qui vinrent après lui et vécurent dans les Gaules, ne four-nissent aucun renseignement dont on puisse conclure que l’harmonieétait en usage chez les Gaulois.
Cependant le silence gardé par tous les auteurs anciens sur l’em-ploi de l’accord simultané des sons, ce silence, continué jusqu’auseptième siècle, cesse dès-lors. Après saint Isidore de Séville, la plu-part des auteurs de traités de musique, à l’exception des simplescommentateurs de Roèce, parlent de la symphonie et de la diapho-nie : de plus, ils en donnent des exemples. Quelque imparfaite,barbare même que soit cette harmonie, elle ne nous donne pas moinsla certitude que le principe de la réunion des sons en groupes simul-tanés avait pénétré en Europe avant le huitième siècle. Mais ce prin-cipe, quelle est son origine? Quel pays l’a vu naître? Ni l’Asie,ni l’Égypte, ni la Grèce, ni l’Italie, ni les Gaules, ni l’Espagne, n’enont eu connaissance : quel peuple, le premier, a donc eu le pressen-timent de sa réalité? Qu’on y songe : on verra qu’on ne peut le cher-