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Tome premier.
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DE LA MUSIQUE.

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produire avec le temps chez tous les peuples qui ont des demeurestixes, c’est-à-dire le développement de la civilisation jusqu’à un cer-tain degré. La guerre, la navigation, la poésie et la musique ont étéleurs occupations favorites, d’après des documents historiques dontl’autorité est incontestable. Leurs scaldes, poètes chanteurs dont laressemblance avec les bardes celtes est frappante, ont laissé des té-moignages de la richesse de leur imagination dans les légendes donts’ést formée l’Edda (1), et dans les strophes de YHavamaal (2), poëmesd’une antiquité beaucoup plus reculée que les Sagas (3), et dont ontrouve des .fragments gravés sur des rochers, en runes d’une époqueantérieure à ceux d’Ulphilas (i). L’antiquité de ces poëmes runiquesremonte au troisième siècle de notre ère, suivant l’opinion des his-toriens nationaux. Ils étaient chantés, et les scaldes accompagnaientla voix avec des harpes d’une forme particulière qui, plus tard,furent transportées en Écosse et en Irlande, par ces hommes duNord.

Est-Ce dans ces contrées et dans l’accompagnement du chant parles harpes que l’harmonie a pris naissance, puis s’est-elle propagéechez les peuplades germaniques des bords de l’Elbe et du Weser, quil’auraient portée plus tard dans les parties méridionales de l’Europe?Du bien devons-nous chercher l’origine de cette harmonie chez lesSlaves, race formée d’un mélange de Sarmates, venus des bords dela mer Caspienne, de Thraces et d’illyriens? D’origine tliibétaine,

(1) Recueil des poésies mythologiques des Scandinaves, réunies en Islande dans le onzièmesiècle, et dont le texte a été traduit en danois par Finn-Magnusen, d’après des manuscrits dela bibliothèque royale de Copenhague. Il a été publié dans cette ville sous le titre : Den aeidreEdda, -ved Sœmwid (L’ancienne Edda de Sœmund, traduite et expliquée), 4 parties, 1821-1823.11 y a aussi une traduction suédoise des mêmes poèmes, par Afzélius, d’après des manuscritsd’Upsal, publiés à Stockholm. M ,le Du Puget en a donné une traduction française complète,dans la Bibliothèque étrangère ; Paris, 1839-1840.

(2) Havamaal ou Oracle d'Odin', composition didactique et morale assez semblable au poèmedes Œuvres et des Jours d’Hésiode. Ce poème se trouve dans Y Edda.

(3) Traditions historiques recueillies ou composées depuis le douzième siècle jusqu’au quin-zième. On en a publié des recueils en ancien islandais ou en latin, à Copenhague, depuis 1825jusqu’en 1833.

(4) Ulphilas, évêque des Goths, vers le milieu du quatrième siècle, traduisit la Bible en go-thique et en caractères runiques, dont on lui a faussement attribué l’invention. Un manuscritprécieux de celle version gothique de la Bible, copié dans le cinquième siècle , est à la biblio-thèque de l’université d’Upsal. Il est connu sous le nom de Codex argenteus, parce que les ca-ractères sont en argent, et la reliure en argent massif. Plusieurs éditions de cette version ont•été publiées en Hollande, à Stockholm, à Oxford et à Weissenfels.

MST. DE LA MUSIQUE. — T. I.

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