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Tome premier.
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HISTOIRE GÉNÉRALE

pays qu’elle habitait et par sa vie nomade. Cyrus trouva la mort et•la destruction de son armée chez ces barbares, ainsi que les appe-laient les Grecs ; Darius et Alexandre essayèrent en vain de les sou-mettre. Ces derniers faits sont modernes, comparés à la haute an-tiquité de l’établissement des Scythes aux environs de la merCaspienne et du Caucase. Chez ces Scythes, le courage s’unissait auxautres qualités morales : rappelons-nous le Scythe caucasien l'romé-tliée, qui, sous ses allégories, nous montre la puissance de l’intelli-gence humaine en lutte avec la nature et la domptant. Pour que lésGrecs eussent introduit ce mythe dans leur théogonie, il fallait qu’ilseussent reconnu que leur force vitale était venue de la Scythie, parles descendants de Deucalion, fds mythologique de ce même Pro-méthéë. N’oublions pas non plus Anaeharsis, cet autre Scythe, qui,au quatrième siècle avant l’ère chrétienne, étonna la Grèce par ledéveloppement de sa raison et l’étendue de ses connaissances.

Nonobstant les ténèbres qui environnent l’histoire des Scythes,il est un fait qui parait avoir toute la certitude désirable ; à savoir,qu’à une certaine époque, une partie de cette population s’ouvrit unpassage à travers le Caucase, et de proche en proche alla s’établirau sud du Danube, poussés sans doute par des pressions ou sarmatesou mongoles. Non que tous les Scythes aient abandonné leur patrie, carles Tchelchennes et les Tcherkesses delaCircassie, leurs descendants,occupent encore les mêmes contrées caucasiennes, montrent le mêmeamour de l’indépendance dans leurs luttes avec le colossal empire deRussie, et ont, sur tous les peuples qui les environnent, une remar-quable supériorité de courage, d’intelligence et de beauté. 11 estcertain que plus de 600 ans avant J.-C. une partie des Scythes occi-dentaux s’étaient établis dans la Gétie et dans la Dace, d’où ils conti-nuèrent leurs progrès en passant le Danube et refoulant à travers laGermanie, jusqu’au-delà du Rhin, les Celtes du nord, qui y étaientétablis depuis quinze siècles environ. Les conquêtes scytliiques s’é-tendirent jusqu’aux pays septentrionaux qui portent aujourd’huiles noms de Suède, Norwége et Danemark; ils s’y mêlèrent aux pre-miers habitants, et de leur fusion se formèrent les Gotlis, qui, danspremiers siècles de l’ère chrétienne, furent appelés Scandinaves (voyezla note E).

L’abandon de la vie nomade, dans ces contrées qui n’y sont pasfavorables, eut pour les Scandinaves un résultat que nous voyons se