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Tome premier.
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HISTOIRE GÉNÉRALE

encore de l’Orient que vinrent les premiers chants destinés à l’invo-/ quer et à le glorifier. Les psaumes de David devinrent la hase de laliturgie de toute la chrétienté, et les premiers types des mélodiessur lesquelles on les chanta furent vraisemblablement empruntés auxtraditions du temple de Jérusalem. Le doute n’est pas possible surl’origine des premiers cliants du culte catholique, lorsqu’on examineles livres des offices dans les plus anciens manuscrits parvenus jus-qu’à nous; caria multitude d’ornements de toutes formes, et les longstraits de notes parasites qu’on y voit sur une seule syllabe, sontprécisément ce qui caractérise le goût du chant oriental; tandis queles hymnes, antiennes et répons, composés plus tard dans l’Occi-dent, ont une simplicité qui contraste avec ce luxe de trilles, de groupeset de traits de toute espèce.

Avec la mythologie et le culte du paganisme, tout ce qui caracté-rise les idées et le goût de l’antiquité grecque et latine avait disparusans retour dès la fin du quatrième siècle, en dépit des efforts faitspar l’empereur Julien pour leur rendre une existence apparente. Aucinquième siècle, on ne trouve guère que le poète Rutilius qui aitessayé de ranimer cette cendre éteinte. Vainqueur, au prix du sangde ses martyrs, le christianisme, en imprimant une direction nou-velle aux esprits, par ses austérités autant que par sa foi, qui plaçait' le but de la vie dans le ciel, n’avait pas porté de moins rudes coupsà la forme qu’au fond des choses de l’ancien monde. De là l’indiffé-rence que montrèrent les populations chrétiennes pour ce qui cons-titue le beau extérieur; de là la décadence rapide de l’art. D’ailleurs,les circonstances désastreuses dans lesquelles se trouva bientôt lacivilisation; les dévastations inouïes exercées par les barbares quibouleversèrent l’Europe , et la succession presque non interrompuede ces malheurs pendant plusieurs siècles, achevèrent ce que le chris-tianisme avait commencé, et rendirent plus absolu le détachementdes âmes pieuses pour les choses de la terre ; plus ardente la ferveurde la foi. A l’avénement de Charlemagne, tout avait péri; plusd’architecture, plus d’arts plastiques, plus de musique, plus d’ins-truction, plus d’écoles. Quelques prêtres seulement, quelques ^vêques,moins ignorants que le vulgaire, écrivaient encore des légendes desaints qui composaient toute la littérature, toute l’histoire dans cestemps malheureux, et des moines retraçaient, dans des annales dé-nuées d’intérêt, les minimes événements de leurs cloîtres.