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Tome premier.
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DE LA MUSIQUE.

16 !)

parcourir le cercle si borné des connaissances musicales de cetteépoque; mais on ne possède aucun renseignement positif à ce sujet,bien que plusieurs écrits de ce temps, parvenus jusqu’à nous, ren-ferment l’exposition des éléments; car on n’y trouve ni enchaîne-ment logique dans les notions, ni exercices pratiques par lesquelsles commençants auraient pu se rendre familières la notation, lesintonations des sons ainsi (pie la connaissance de leurs divers inter-valles. Guido, parlant lui-même de sa méthode, affirme que par elle onpouvait apprendre à lire les mélodies et à les exécuter avec correctiondans l’espace d’un mois, tandis que l’ancienne méthode conduiraità peine au même résultat après plusieurs années d’un travail rebu-tant. L’immense renommée acquise par l’auteur de cette découverte,et la popularité que conserve encore son nom, plus de huit siè-cles après le temps où il vécut, sont une garantie suffisante des lionseffets produits par cette méthode dans sa nouveauté .

C’est aussi dans le onzième siècle qu’on voit apparaître un nou-veau système régulier de notation pour la musique mesurée ; nonqu’une musique de cette espèce n’ait existé de tout temps, car leschants populaires de toutes les nations furentmesui'és et rliythmés,etles anciens peuples de l'Inde, de l’Égypte et de la Grèce eurent dessignes de temps déterminés pour la notation de leurs chants ; maisl’introduction de Yorganum dans la musique avait rendu néces-saire un système de proportions exactes entre les valeurs de tempsdéterminés pour les différentes voix qui concouraient à cette cohé-sion de sons. La plus ancienne exposition connue de ce système setrouve dans le livre d’un prêtre de Cologne, nommé Francon.

La première croisade, cet événement de prodigieuse folie, qui s’ac-complit dans les dernières années du onzième siècle (1096), et qui,par ses conséquences, mit en continuel contact l’Asie et l’Europe pen-dant trois cents ans, eut des résultats inattendus pour la musique etpour la poésie. Ruinés par les. dépenses auxquelles ils furent entraî-nés dans ces expéditions lointaines, les seigneurs y perdirent unepartie de leur puissance et de leur brutalité. Les mœurs s’adoucirentet offrirent bientôt un contraste frappant avec la rudesse et la gros-sièreté des siècles précédents. Cette différence si remarquable a fait don-ner le nom de moyen âge à l’époque comprise entre les années 1100etlôOO,parce qu’elle forme un temps intermédiaire entre les siècles debarbarie et la Renaissance, ou commencement de l’âge moderne. Les