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Tome premier.
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HISTOIRE ÇftNÉRALE

timents paraissent à jamais éteints cliez les nations occidentales, tan-dis que le contraire se manifeste chez les Orientaux, il y eut cepen-dant trois hommes dont l’enseignement et les travaux semblent êtreun rayon de lumière projeté au milieu de ces ténèbres, à savoir,Remi d’Auxerre, Hucbald, et Gerbert, qui fut pape sous le nom deSylvestre II. La carrière des deux premiers commença dans le siècleprécédent: Gerbert ne mourut qu’au mois de mai de l’an 1003. Lamusique fut l’objet de leurs études, et tous trois écrivirent sur cettepartie des connaissances humaines, qui ne méritait point encored’être considérée comme un art. Remi ne fut que le commentateurde Marcien Capella, qui n’avait été lui-même que l’abréviateur desouvrages des théoriciens grecs, particulièrement d’Aristide Quinti-lien ; mais les traités de musique de Hucbald sont pour nous un trésorde renseignements sur les constitutions tonales, les notations etl’harmonie, à la lin du neuvième siècle et au commencement dudixième. Gerbert écrivit aussi un livre sur la musique; mais il n’estpas parvenu jusqu’à nous.

Le mouvement intellectuel interrompu et le sentiment moral en-gourdi pendant toute la durée du dixième siècle se raniment auonzième. L’enfantement laborieux et lent des langues nouvelles ar-rive enfin à terme; elles sortent de l’état de patois barbares, où ellesavaient été retenues pendant trois siècles, et deviennent littérairesen Italie comme dans les Gaules. Le latin n’est pas encore entièremental tan don né dans les écrits des prosateurs et des poètes, bien que lespeuples ne l’entendent plus ; il se mêle encore çà et là au langageappelé roman ; mais la place qu’il occupe dans cette langue nouvellediminue chaque jour : la philosophie, les sciences, les arts, sont enprogrès, et le goût de l’étude se communique de proche en proche.C’est dans ce même siècle qu’un moine italien, nommé Guido, d’A-rezzo, conçoit l’idée d’une méthode pour l’enseignement de la mu-sique; méthode toute pratique, inconnue avant lui, d’où disparais-sent les notions empruntées aux théoriciens grecs, désormais sansutilité, et d’où sont bannis les tâtonnements en usage jusqu’alors.•Pour apprécier à sa juste valeur la méthode inventée par Guido etjustifier l’enthousiasme avec lequel elle fut accueillie, il faudraitsavoir en quoi consistaient les moyens employés précédemment pourinstruire les élèves; moyens où l’intelligence avait sans doute peu depart, puisqu’il ne fallait pas moins de plusieurs années d’études pour