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HISTOIRE GENERALE
des discordances brutales de Yorganum, introduisirent dans la mu-sique le premier moyen de variété harmonique. Après les conditionsnécessaires de la forme, et lorsqu’elles furent fixées, relativementaux éléments dont on disposait, les artistes furent entraînés à la re-cherche de certaines formes de convention, d’autant plus attrayantespour eux, qu’elles offraient plus de difficultés à vaincre. Ainsi qu’ilen est de toutes les choses humaines, après l’usage discret de cesformes conventionnelles arriva l’abus, et l’on finit par composer des es-pèces d’énigmes dont la solution était considérée comme le termefinal de l’art. Dans cette disposition des esprits, la nécessité de lacréation de l'idée n’était pas même aperçue; la forme seule con-tinua d’être cultivée, et seule elle eut le privilège de charmer lesartistes et le monde jusque dans la seconde moitié du seizièmesiècle.
Les deux genres cultivés jusqu’à cette époque étaient la musiquereligieuse et le chant profane pour un nombre de voix plus oumoins considérable, et sans accompagnement, sauf l’addition facul-tative de quelques instruments à l’unisson des voix; addition rare àl’église jusque vers 1560, mais plus fréquente pour les chansonsfrançaises, les madrigaux italiens et les Lieder allemands. Les pa-roles de tous ces genres de pièces n’étaient guère que des prétextespour le développement des formes musicales. Jusqu’à l’époquequi vient d’être indiquée, ces développements avaient eu presquetoujours pour thèmes des chants d’église ou des chansons popu-laires; mais, après le concile de Trente (156't-), le caractère de lamusique des messes, motets et antiennes changea, une réactions’opéra, et sans abandonner d’une manière absolue les recher-ches de la forme, l’expression convenable des textes sacrés fut re-connue comme une nécessité. Alors la composition véritable, c’est-à-dire, la création des thèmes commença pour la musique d’église.Entrés dans cette voie, les musiciens ne tardèrent pas à faire pour lamusique mondaine ce qu’ils avaient fait pour le culte. Ce fut vers1580 que cette révolution de goût s’accomplit, et que le génie se saisitdes droits qui lui appartiennent, et dont il a si noblement usé dans lessiècles suivants.
Aux deux genres de musique vocale en usage jusque vers le milieudu seizième siècle, s’était ajoutée la culture de la musique instrumen-tale. L’orgue, le clavecin, le luth, letéorbe, la guitare, les violes, les