DE LA MUSIQUE.
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vu naître aussi, bien qu’on ait voulu en faire un Français. Tous troismontrent dans leurs ouvrages leur habileté dans l’art d’écrire ; on yvoit l’harmonie parvenue enfin à la pureté qui la rend digne de sonnom; mais elle y est réduite à un petit nombre de combinaisons.L’art est constitué, mais il est enfermé dans d’étroites limites, d’où ilne sortira qu’après deux siècles environ d’essais, de tâtonnements etde perfectionnements d’une lente progression, nonobstant la puis-sance du génie de quelques artistes.
L’histoire véritable de la musique harmonique ne commence doncqu’à Dufay, Dunstaple et Binchois; car un art ne peut avoir son his-toire que lorsqu’il existe dans ses conditions normales, et lorsqueses progrès sont démontrés par ses monuments, dans un ordrechronologique, de telle sorte que la filiation de ses développementset de ses transformations puisse être saisie sans lacune ; enfin, lors-qu’il est possible d’apprécier les causes de ces transformations et deles rendre sensibles. La diaphonie, Yorganum et le déchant, qui pré-cèdent cette époque, et qui, depuis la première mention qu’en afaite Isidore de Séville, n’ont pas mis moins de sept siècles à se dé-gager des vices monstrueux de leur origine, peuvent être l’objetd’observations utiles qui ne seront pas négligées dans cette histoire ,mais qui n’exigeront qu’un petit nombre de pages; car, si l’étude obs-tinée de choses si défectueuses peut satisfaire un archéologue dépourvudu sens musical, elle ne peut arrêter longtemps l’historien de l’art.Quiconque écrirait de gros volumes sur ce triste sujet ferait preuved’un pauvre esprit, et, loin de mériter le titre d’historien de l’har-monie, il ne serait qu’un pédant ridicule.
Dès la première époque de l’existence de l’harmonie pure, l’his-toire de la musique offre le tableau des efforts faits par les artistespour la création et le perfectionnement de la forme ; car le temps durègne de l’idée n’est pas encore arrivé ; il tardera longtemps encore.La forme devait être en effet l’objet important des travaux desmusiciens, car tout y était à faire. La première chose dont ils s’occu-pèrent fut l’art de faire chanter toutes les voix d’une manière na-turelle et avec une certaine élégance relative; art qui avait été com-plètement inconnu avant la fin du quatorzième siècle. Dans le travailconstant des artistes pour perfectionner la forme, ils parvinrent àla découverte de quelques dissonances, qui, résolues par des con-sonnances conformément aux lois de la tonalité, et bien différentes
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