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Tome premier.
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I)E LA MUSIQUE.

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Disons cependant que l’instrument tenu sous le bras gauche du per-sonnage n’est ni une lyre, ni une cithare, comme l’appelle M. de Gou-lianof, mais la harpe syrienne, le nable ou nebcl, c’est-à-dire la harpetrigone.

Deux interprétations très-opposées de l’origine de la musique chezles Égyptiens se voient dans ce qui précède : suivant la première,cet art était un don des dieux, pour le bien-être de l’humanité,ainsi que pour son perfectionnement moral ; il devait être considérécomme un principe civilisateur. D’après l’autre système, la musiqueétait l’œuvre du génie du mal, l’organe des appétits sensuels, etses effets avaient pour résultat de conduire l’homme à sa pertefinale. Certains passages des histoires d’Hérodote et de Diodore deSicile nous font voir en effet l’emploi de la musique dans ces deuxdirections chez les Égyptiens. D’une part elle participe aux céré-monies religieuses les plus graves, les plus austères ; de l’autre, on latrouve dans la condition la plus abjecte, s’associant à des sortes d’or-gies mythologiques où les emblèmes de la génération étaient portéset agités par des femmes, et devenaient, au son de la flûte, les objetsd’un culte lubrique (1). Or ces fêtes, célébrées à Ahydos, au son desinstruments, étaient celles d’Osiris, et l’on reconnaît encore en ellesl’identité de ce dieu avec Pan et Priape.

Il est hors de doute qu’il y eut en Égypte deux religions : l’uneofficielle , populaire , laquelle consistait dans des pratiques d’idolà-trie ; l’autre, inconnue du vulgaire, mystérieuse, et plus élevée dansson objet, était celle des prêtres et des initiés. Eux seuls en possé-daient le secret : ils ne voyaient dans les idoles que des symboles, etdans les pratiques que des allégories. Pour eux, le culte d’Isis étaitcelui de la nature, en quoi tout est compris. Cette religion était lepanthéisme : son culte n’était qu’extérieur; le sens en était caché;ses emblèmes se voyaient dans tous les temples ; mais leur signifi-cation morale était un mystère. Partout la musique y était intime-ment unie, mais dans une acception allégorique.

Suivant Diodore de Sicile, on ne pouvait enseigner en Égypte lagymnastique ni la musique. « Les Égyptiens, dit-il, croient que lesa exercices du corps ne sont pas favorables à la santé des jeunes

(1) Hérodote, Enlerpe, lib. II, 46.

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