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Tome premier.
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HISTOIRE GÉNÉRALE

trous : son nom égyptien était mam, ou men (1) ; elle était aussi appeléelotos, à cause de la matière dont elle était formée, et flûte libyque, parcequ’on la croyait originaire de la Libye. On trouve encore cette flûte,percée de trois trous, chez les populations nègres de l’Étliiopie (2). Larareté des représentations de cet instrument, dans les sculptures et lespeintures des monuments, a paru démontrer à un savant archéologueque son usage était moins fréquent que celui de la flûte traversièreet de la double flûte (3). Voici toutefois la preuve de son emploi chezles Égyptiens.

Fig. 94.

Il existait en Égypte une autre petite flûte monaule, qui n’avaitqu’un seul trou, et ne pouvait en conséquence produire que deuxsons. Pollux (4) lui donne le nom de ginglare [■(vrfi,aoo^j. Il est vrai-semblable que ce nom est phénicien. On peut voir ce que dit Athé-née à ce sujet (liv. IV, c. 23).

La flûte traversière, dont on a vu (pp. 221-225; la conformation et

(1) Rosellini, Monumenti delV Egitto; Mon. civ., t. III, p. 27 et suiv. Cet auteur fait, àl’occasion de cette flûte, mie observation dont voici le résumé: Eustathe parle d’un instrumentsemblable à une trompette recourbée, dont il attribue l'invention à Osiris : il dit que le nomégyptien de cet instrument était yvoûrç (inlliad. XAIII, v. 495, pag. 1139), mot qui semble àJ ablonski devoir être prononcé yiovovY]. Ce savant ne veut pas que ce nom soit celui d’uuetrompe, mais de la flûte droite et simple, se fondant sur la supposition que XCO (/<*>), premièresyllabe de ywvovYi était le nom égyptien de la flûte qui répondait au mot aû/ôi;. Dans la dernièresyllabe oûrj, Jablonski retrouve le mot oûal, qui, suivant Horapollou, signifiait, dans la langueégyptienne, une voix qu’on entend de loin. De là viendrait yvoûr,, changé en y(ovvov), qui, sui-vant Jablonski, signifierait tibia quæ audiri è longinquo pot est , ou UoXuçQow<w> qui» selonPollux {loc cit.) y était la flûte égyptienne. Cette conjecture de Jablonski n’est pas autorisée parles inscriptions égyptiennes, car yyo\)‘(\ n T est le nom ni de la flûte droite, qui s’appelait mam oumen , ni de la flûte oblique , qui s’appelait sebé ou sein. Il paraît plus certain que, ainsi que le ditEustathe, ce nom était celui d’une trompette recourbée à l'extrémité inféileure et dont faisaientusage les Egyptiens, quoiqu’on n’ait pas aperçu jusqu’à ce jour d’instrument de cette forme surles monuments.

(2) JjCs sources du Nil: Journal de voyage du capitaine J. II. Speke; p. 189 (planche).

(3) Ibid.

(4) Loc. cit. ,