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Tome premier.
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HISTOIRE GÉNÉRALE

Spanheim, d’autres figures de sistres à percussion, tous identiquesquant à la forme et dépourvus d’anneaux, lesquels sont copiés depierres gravées ou de médailles.

Le nom égyptien du sistre a été l’objet de discussions archéologi-ques. On a vu précédemment que les érudits ont cru que le nom dutambour de basque, kemkem , était celui du sistre. Plus tard, Ja-blonski (1) a cru que le mot égyptien coucou était le nom de cet ins-trument, parce que ce mot est employé dans la version copte de la pre-mière Épitre aux Corinthiens, ch. Xlli, v. i, où il ale sens d 'airain son-nant ; or, dit-il, le sistre est d’airain et il produit un son, donc son nomsignifie airain qui sonne. Cette conjecture, un peu trop hasardée, a étéréfutée par Guillaume Water, éditeur du livre de Jablonski, et parRosellini (2). I)e cette discussion sort la preuve que kemkem ou cencensignifiait, dans la langue égyptienne, le son d’un instrument quelcon-que. Rosellini a lu, dans des inscriptions hiéroglyphiques, le nom dusistre écrit sescesch (3). Ce mot n’a pas été conservé dans la langue copte.

Dans tout ce qii’on connaît de sculptures et de peintures des mo-numents de l’Egypte, on ne voit pas le sistre concerter avec les au-tres instruments; presque toujours il est représenté seul dans des cé-rémonies religieuses, et, dans beaucoup de scènes, il a une significa-tion purement symbolique. En faut-il conclure, avec un historien mo-derne ( V), que le sistre n’était pas plus un instrument dé musique quela sonnette dont on fait usage dans les cultes grec et catholique? Celane parait pas admissible, car le sistre, par les diverses longueursde ses verges transversales, nous prouve qu’il produisait des intona-tions variées, et, conséquemment, il était un élément de musique plusréel que la cymbale, qui ne produit qu’un son indéterminé, et qui,néanmoins, est classée parmi les instruments de percussion. N’oublionspas, d’ailleurs, que Properce a donné une signification toute musicaleau sistre, en l’opposant à la trompette romaine, dans ce vers :

« Romanamque tubam crepitanti pellere sistro (5). »

(1) Optiscula, t. I, p. 309-310. •

(2) Villoteau ( Dissertation , etc., p, 447-450) essaye de concilier les opinions de Jablonskiet de Water; mais il fait de vains efforts d’étymologie torturée, à force de lettres changées,pour faire sortir le grec crstaxpov de l’égyptien kemkem.

(3) Ouvrage cité, t. 1, p. 17*

(4) La Fage, Histoire générale de la musique et de la danse, t. Il, p. 144.

(5) Eleg., lii>- III, 11.