DE LA MUSIQUE.
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Que le sistre n’ait pas été employé comme instrument concertant,cela est possible ; mais qu’il n’ait pas eu sa destination musicale danscertaines circonstances, rien n’autorise à l’affirmer.
CHAPITRE SIXIÈME.
SI LES EGYPTIENS ONT EU UNE NOTATION 1)E LA MUSIQUE'? UE QU’l-LLE
DUT ÊTRE.
Les ornements dont les peuples asiatiques font usage dans leurschants n’ont pas d’analogie avec ceux de la musique européenne :ceux-ci, lorqu’ils sont inspirés par un goût pur et correct, ont pareux-mêmes une certaine forme mélodique , qui se substitue à la formesimple, sans altérer le mouvement ni la mesure ; les chanteurs qui ensont les plus prodigues ne les introduisent dans les phrases mélodiquesqu’à certains passages et sous des formes qui permettent toujours desaisir le sens de la cantilène. Il n’en est pas de même à l’égard deschanteurs de l’Arabie, de l’Egypte et de la Syrie; ceux-ci ne fontpas entendre une note de la mélodie sans y ajouter de petits trem-blements de voix qui leur sont particuliers, des trilles, des groupes,des fragments de gammes chromatiques ascendantes et descendantes,de telle sorte qu’il .est souvent à peu près impossible de retrouver lamélodie primitive sous cet amas de notes parasites ; ou plutôt il n’y apas, dans ces contrées, de mélodie primitive indépendante de ces or-nements, ceux-ci faisant, par l’habitude contractée dès l’enfance, par-tie nécessaire de toute espèce de chant.
De l’usage constant d’un chant exclusivement orné est résulté,comme une nécessité impérieuse, un système de notation musicaleabsolument différent chez les peuples orientaux de ce qu’il a été chezles nations occidentales'dans l’antiquité, et de ce qu’il y est aujour-d’hui. Liiez les Grecs, comme chez les peuples de l’Italie ancienne,comme chez les Européens modernes, les divers sons de la mélodieayant une signification nécessaire et absolue, il a fallu des signes pourreprésenter séparément chacun d’eux; chez les peuples de l’Orient, aucontraire, le son radical de la phrase se confond avec ceux dont l’ac-compagne la fantaisie du musicien ; il passe à l’ouïe avec la même ra-