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HISTOIRE GÉNÉRALE
et de la Chine. Diversement tournées, inclinées à droite ou à gauche,tronquées, modifiées, enfin, de divei’ses manières, les lettres ou lessignes des mots sont devenus les notes des divers systèmes d’é-chelles des sons. Par analogie, il est vraisemblable qne.de grandsEtats parvenus à un haut degré de civilisation, comme l’Égypte etl’Assyrie, n’ont pas été moins avancés que les autres pays dans l’artde représenter les sons par des signes. L’écriture cunéiforme, quifut celle de Ninive et de Bahylone, ne nous offre rien qui puissenous conduire à la notation du chant de l’Église grecque : il n’enest pas de même à l’égard de l'Égypte, ainsi qu’on le verra tout àl’heure.
A la question, si les Égyptiens ont eu une notation musicale, onpeut répondre par l’affirmative, parce qu’il n’était pas plus permisd’innover dans la musique que dans la sculpture et dans la peinture,car il y avait des types dont on ne pouvait s’écarter ; or les types nepeuvent être confiés à la simple tradition, dont l’effet ordinaire estde les altérer jusqu’à certain point, par l’effet du temps et de la suc-cession des générations. Pour se conserver intacts, les types musi-caux devaient être notés : cela est de toute évidence. Mais quel étaitle système de notation employé dans ce but? La solution de cette ques-tion serait à peu près impossible si la similitude des signes de la no-tation des chants de l’Église grecque et de ceux de l’écriture démo-tique ou populaire des anciens Egyptiens, ainsi que d’un certainnombre de caractères de l’écriture hiératique du même peuple, nefaisait voir que les éléments de sa notation musicale ont été prisdans ses divers alphabets ; car cette similitude ne peut être l’effet duhasard. Les modifications que les lettres des alphabets sanscrits,grecs, éthiopiens et autres reçurent en se transformant en notes demusique, doivent faire comprendre qu’il en a pu être ainsi chez lesÉgyptiens, à l’égard de leurs deux alphabets cursifs. Remarquons aussiqu’il y a, dans la notation en usage dans l’Église grecque, des signescomposés avec des éléments simples, et que de pareils signes existentdans la notation égyptienne. 11 ne s’agit pas de refaire le système decette notation, ce qui serait une entreprise folle, puisque aucun frag-ment de musique notée de la terre des Pharaons n’a été retrouvéjusqu’au moment où ceci est écrit : l’objet de ce chapitre se réduit àdémontrer que, la notation grecque du chant ecclésiastique étantformée de signes de l’ancienne écriture égyptienne, il y a lieu de