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Tome premier.
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DE LA MUSIQUE.

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adoptée, si cette notation avait répondu à la nature des mélodies donton faisait usage dans les églises et dans les monastères du rit grec del'Égypte, delà Syrie et delà Palestine; mais la notation grecque,destinée à représenter une musique simple et rliytlimée, ne pouvaits’appliquer à ces mélodies orientales surchargées d’ornements, quisont le type musical de l’Orient, commele chant syllabique et mesuréest celui de l'Occident. Il fallait donc aux peuples orientaux une no-tation de groupes de sons, comme il en fallait une de sons isolés auxGrecs et aux Romains. Or, par cela môme que la notation par groupesde sons était une nécessité pour le chant de l’Église grecque de l'É-gypte et de la Syrie, il n’est pas vraisemblable que cette notationn’ait pris naissance qu’au huitième siècle, ni que ce soit un moine dece temps qui l’ait inventée ; car, si elle n’eût pas existé longtemps au-paravant, comment aurait-on noté les livres de chant depuis la fin dudeuxième siècle, où la liturgie grecque fut régulièrement formulée,jusqu’au huitième? Déjà, dans la messe attribuée à saint Jacques,quoiqu’elle ne lui appartienne pas, mais qui est certainement dudeuxième siècle, des hymnes et des cantiques étaient chantés. Les li-turgies de saint Rasile et de saint Jean Clirysostome complétèrent,au quatrième siècle, le chant des offices selon le rit grec, et lesmonastères de l’Orient, dont la première institution date de cetteépoque, multiplièrent les copies de ces offices. Qu'un grand nombrede chants y aient été ajoutés par la suite, notamment par S. Jean Da-mascène, cela est incontestable ; mais il n’en est pas moins vrai queles premiers chants ont dû être notés, et qu’ils n’ont pu l’ètre que parune notation en usage. Un système de notation compliqué, tel quecelui du chant de l’Église grecque, ne pouvait être compris et mis enpratique de prime abord par les chantres, si quelque chose d’ana-logue et connu dès longtemps ne les y avait préparés. Ce quelquechose devait être une notation ancienne, plus ou moins modifiée parle temps, mais dont l’origine était, sans aucun doute, née de la né-cessité d’exprimer ce qui est dans l’instinct musical des peuples sé-mitiques et des nations asiatiques.

Avant de nous livrer à la recherche de la contrée où a dû naîtrecette antique notation, il est nécessaire de constater que, chez tousles peuples anciens qui eurent une notation musicale, ses élémentsont été tirés de l’alphabet de la langue du pays : tel fut le point dedépart dans les notations de l’Inde, de la Perse, delà Grèce, de l’Italie