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HISTOIRE GÉNÉRALE
Quelle que soit la défiance que rencontre inévitablement le ré-sultat d’un travail archéologique tel que celui auquelje me suis livré,concernant les rapports de la notation du chant de l’Église grecqueavec les caractères des anciennes écritures égyptiennes , il me paraitdifficile, même aux esprits lesplus sceptiques, de contester l’évidencede ces rapports, en présence des tableaux qui viennent d’être missous les yeux des lecteurs, et dont ils peuvent vérifier l’exactitude (1).La prudence oblige sans doute à ne pas lutter les conclusions dans lesproblèmes qui ont pour objet une antiquité antéliistorique ; mais icile fait d’identité des signes se présente dans des conditions telles,qu’il est à l’abri de toute contestation. Dira-t-on que cette identité nesuffit pas pour établir la preuve que la notation par les caractères desécritures égyptiennes appartient en propre aux anciens habitants del’Égypte, et que Jean Damascène n’a pas puisé dans ces caractères leséléments de la notation qui lui est attribuée? Mais quelle apparence ya-t-il qu’au huitième siècle, alors que les anciennes écritures del’Égypte avaient disparu et avaient été remplacées par l’alphabetcopte, dérivé du grec, le saint personnage ait été chercher, dansune écriture oubliée, d’une manière arbitraire, les signes d’unenotation difficile, compliquée à l’excès, et qui aurait été inconnuejusqu’à lui? On peut ajouter aussi qu’il n’y a aucune probabilité qu’unsystème de notation hérissé de si grandes difficultés ait pu être com-pris immédiatement et mis en usage dans toutes les églises grecquesde l’Orient. Que les premiers chrétiens de l’Égypte, trouvant dansle pays une notation établie et connue, au moins des prêtres et desinitiés de l’ancienne religion, s’en soient servis pour écrire leurschants, cela est dans l’ordre naturel des choses; mais que ces ancienscaractères aient été tirés de l’oubli, après cinq ou six siècles, pourformer un système nouveau, rebutant par ses complications - laraison repousse une pareille hypothèse.
Il est d’ailleurs un fait important qui ne doit pas être perdu de vue,à savoir que le chant orné à l’excès de l’Église grecque d’Orient nelui est pas particulier; que l’usage immodéré des fioritures est gé-
(1) Cf. Cliampollion, Grammaire égyptienne , ou principes généraux de l’écriture sacréeégyptienne appliquée a la représentation de la langue parlée.; Paris, Firmin Didot frères, 183G,in-fol. p. 35-46; etc. Précis du système hiéroglyphique des anciens Égyptiens, etc., par lemême; Paris, 1828; pl. A-K.