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Tome premier.
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326 HISTOIRE GÉNÉRALE

riennes étaient montées d’un nombre de cordes relativement consi-dérable , mais que ce nombre n’est pas déterminé avec exactitude parles monuments.

La scène du bas-relief de Koyoundjek offre la réunion de vingt-,six musiciens, dont onze instrumentistes et quinze chanteurs. Lesinstruments consistent en sept harpes, deux doubles flûtes, unpsaltérion et un petit tambour, ou plutôt une petite timbale debronze couverte d’un parchemin, semblable à celle qui est encore enusage en Égypte parmi les derviches, dans leurs processions, et à la-quelle on donne le nom de loubla. Les chanteurs se reconnaissent,comme dans les monuments de l’Égypte, aux mouvements des mains,qui battent la mesure : on y remarque quatre femmes, deux eunu-ques, placés derrière elles, et neuf enfants grands et petits. Suivantl’àge du palais où se trouvait ce bas-relief, âge déterminé par lesinscriptions cunéiformes, M. G. Rawlinson pense que la scène se rat-tache à nn événement du règne du petit fils de San-Kérib (vulgaire-ment Sennachèrib ) (1), c’est-à-dire Saos-dou-Kliin, dont le règne com-mença l’an 667 avant l’ère chrétienne (2). Parmi les débris de monu-ments ninivites, il en est qui appartiennent à des temps plus anciens,où l’on voit aussi des instruments de musique semblables à ceux dece bas-relief. La réunion de vingt-six musiciens en un seul corps con-certant, que présente ce monument, est la plus nombreuse qu’onait trouvée dans les ruines de Ninive : elle marche en tète des soldatsqui forment le cortège du monarque et a sans dou te pour destination dechanter un de ses triomphes guerriers. Dans d’autres circonstances, lenombre des musiciens qu’on voit réunis sur les monuments sculptésne dépasse pas quatre, et communément il n’est que de trois. Lescombinaisons d’instruments varient dans ces concerts : un obélisque debasalte noir, découvert parM. Layard à Koyoundjek, et qui se trouvemaintenant au Muséum britannique, offre la réunion de deux joueursde cithare accompagnés par deux joueurs de cymbales. Ce monument,d’après les inscriptions gravées sur ses quatre faces, date du règned’Ashur-Idanni-Pal (884 à 859 avant J.-C.), suivant la concordance

(1) Ouvrage cité, tom. II, p. 167.

(2) Cf. Recherches sur la chronologie de Ninive, de Tiahylone et d’Echatane, par M. deSaulcy, dans les Annales de philosophie chrétienne, t. XX, et p. 157 du tiré à part; Paris,1849, in-8'\