330
i
HISTOIRE GÉNÉRALE
Le nom de nebel avait été donné à cet instrument parce qu’ilavait le corps creux et rebondi comme une outre (^Zj). L’historienJosèplie dit que le nebel avait douze sons et qu’il se jouait avec lesdoigts (1). Il y a eu de l'incertitude parmi les commentateurs concer-nant le genre d’instrument qui portait ce nom. Il s’agissait desavoir s’il tenait du luth ou du lanbourah , sur lesquels la diversitédes sons s’obtenait par la pression des doigts sur les cordes,ou s’il était de l’espèce des harpes et avait douze cordes. 11 y.acontre la première supposition un fait qui parait concluant, à savoir,que le nabla ou nablum était en usage chez les Grecs et plus encore àRome, et qu’aucun instrument à manche ne se trouve dans les anti-quités grecques et romaines. Le nable ou nebel était donc uneharpe dont le corps avait une certaine ampleur, et qui était monté dedouze cordes, et peut-être quelquefois davantage.
Saint Jérôme(2), Cassiodore (3) et Isidore de Séville (i), s’appuyant,d’une part, sur la version des Septante, qui traduit en plusieurs en-droits le nom hébreu par psallérion, et de l’autre , sur l’étymologiehébraïque du nebel, ont affirmé que cet instrument avait la formed’un A, avec une Imite creuse et sonore au sommet; que les che-villes étaient à la hase; enfin, qu’on le jouait par le bas, et qu'il ré-sonnait par le haut, tandis que la cithare se pinçait par le haut etrésonnait par le bas. Bien qu’assez énigmatique en apparence, cetteexplication coïncide avec la forme de l’instrument joué par une femmedessinée sur un vase grec de la collection royale de Munich (5),ainsi qu’avec l’espèce de harpe jouée par l’eunuque du bas-relief deKoyoundjek, qui est au Muséum britannique, et dont on a vu ledessin p. 325.
Dans ces deux monuments , on peut reconnaître le nebel , dont laboite sonore est placée à la partie supérieure ; ce qui explique les pa-roles de Saint Jérôme, car l’instrument est pincé par le bas et résonnepar le haut, tandis que la cithaèe, ayant la caisse sonore à la base,est jouée par le haut et résonne par le bas. Le nombre des cordes
(1) Antiq. Jud., 1. VH, c. 10.
(2) In Psalm, XXXI.
(3) Præfat. in psalm., c. 4.
(4) Orig., IU,c. 7.
(5) Cf. Dubois-Maisonneuve, Introduction a l'étude des rases , pl. XLIII. — Ch. Lenor-inand et Witte, Élite de monuments céramographiques, pi. LXXXVT.